Editorial

Ce numéro du Pamphlet est dense et foisonnant. Vous y trouverez des articles de plusieurs collaborateurs occasionnels qui, nous l’espérons, continueront à nous faire partager leurs opinions et réflexions avec régularité. Le 7 mars prochain, le peuple suisse est appelé aux urnes afin de se prononcer sur trois sujets: le premier est l’initiative populaire «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», qui sera traité dans ces pages par deux de nos rédacteurs, raison pour laquelle nous n’en parlerons pas ici.

Le deuxième objet traite de la mise en place d’un système de signature électronique, l’e-ID, qui permette aux utilisateurs, personnes physiques, de mener à bien certains types de transactions en ligne, nécessitant une identification. Le comité référendaire argumente que l’e-ID serait de facto un passeport électronique et que, dans cette mesure, son émission ne devrait pas être confiée à des sous-traitants du secteur privé mandatés par la Confédération, telle que prévue dans la loi.

Bien que l’argument ait du sens, il doit être contrebalancé, d’une part par l’efficacité que les entreprises spécialisées seront plus à même de fournir et, d'autre part, par le fait que l’identification électronique ne sera pas obligatoire. Le développement des outils nécessaires à certaines transactions en ligne répond à une demande de la population et la loi pose le cadre à cette évolution de la société en organisant une collaboration efficace entre le secteur privé en tant que fournisseur et la Confédération pour la part de contrôle, non seulement des données utilisées, mais également de la sécurité du système.

Le troisième objet vise à ratifier l’accord de partenariat économique avec l’Indonésie. Le principal point d’achoppement est soulevé par la question de l’huile de palme, dont la production provoque des désastres écologiques dans les pays qui la pratiquent, entre autres l’Indonésie.

On revient à l’éternelle question: faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain? La Suisse a besoin de se libérer d’une trop grande dépendance économique vis-à-vis de son grand voisin européen, afin d’éviter de se retrouver en position de faiblesse lors des négociations qui ne manqueront pas de venir prochainement. Un accord, par définition, est l’aboutissement d’une négociation durant laquelle chacune des parties doit faire des concessions. La question de l’huile de palme nous semble avoir été prise en compte dans la mesure où la réduction des droits de douane prévue par l’accord ne concerne qu’une partie des importations et que seront mis en place des contrôles pour attester que l’huile de palme qui nous arrivera répondra aux critères de production durable. De plus, les produits importés d’Indonésie n’entrent que peu en concurrence avec les produits agricoles suisses, ce qui nous semble un point important.

Nous voterons donc OUI aux deux objets.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Economie - Politique fédérale

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