Et si la religion s'invitait au débat sur la vaccination contre le covid-19?

Il m'arrive par moments de voir passer des articles de Réformés, journal financé par les Eglises réformées des cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel, Jura et Berne. Bien souvent, les articles me provoquent une irritation certaine. Les prises de position témoignent plus du souci d'être accepté par un monde post-chrétien que de nous enrichir spirituellement.

Cette fois, le thème portait sur les mouvements anti-vaccin1. Sans surprise, les anti-vaccin y sont considérés à peu près comme des extrémistes, des obscurantistes et des égoïstes. La raison et la solidarité réclamant évidemment d'accepter le vaccin sans se poser la moindre question.

Un point en particulier a retenu mon attention parmi les arguments contre le vaccin évoqués dans l'article: la volonté de Dieu face à celle de l'homme.

Selon certains «antivax», la maladie ferait partie de la volonté de Dieu; essayer d'y échapper serait s'opposer à Dieu, ou simplement un manque de confiance. En d’autres termes, on peut dire que se faire vacciner serait commettre un péché.

Pécher consiste à ne pas mettre Dieu et l'homme à leur place respective.

Les anti-vaccin, d'après l'article, remettent en question la science. Cette dernière tendrait à gagner en autonomie face à Dieu, à ce que l'homme puisse se passer de Lui, voire à prendre Sa place divine.

La question est légitime: la quête de l'immortalité et du contrôle de nos conditions de vie relègue notre finitude au second plan et élimine quasiment Dieu de l'équation. D'un autre côté, les «progrès» ont permis de réduire certaines souffrances, notamment liées aux maladies. Quel chrétien refuserait d'épargner des douleurs? Dieu n'a jamais interdit la médecine, ni de s'aider soi-même.

La modernité n'a pas apporté que des bienfaits: Dieu n'est plus une préoccupation majeure pour beaucoup de nos contemporains. Cependant, il serait illusoire de vouloir revenir aux techniques du Moyen-Age pour vivre mieux spirituellement.

Nous ne changerons pas le passé mais il reste possible de redécouvrir la place de l'homme dans la création. Prendre le vaccin contre le Covid-19 n’est pas en soi un péché, tant que nous restons humbles face à Dieu et que nous acceptons notre finitude.

Alcibiade

 

1 https://www.reformes.ch/societe/2021/01/anti-vaccins-quels-fondements-religieux-derriere-cette-mefiance-vaccin-coronavirus

Thèmes associés: Ethique - Religion

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