Remarques de fin de service

Heureux le militaire qui profite d’un service bien organisé!

Trêve de plaisanterie, c’est très rarement le cas. Cependant, cela ne date certainement pas de l’armée d’aujourd’hui. Les gens s’avéraient déjà médiocres par le passé et les réseaux sociaux montrent seulement avec plus d’acuité les travers actuels – les télétravers pour les jeunes recrues, qui peuvent sauter de leur console de jeux à l’ordinateur pour apprendre le maniement de l’arme… sans arme; c’est pratiquement une réussite de tous les milieux anti-armes, anti-armée et antitout en général.

Une des faiblesses modernes – de l’armée – se trouve dans la pression bureaucratique ­– toujours plus! Là, je veux bien croire que ce soit différent du « bon vieux temps ». Faut-il être formé pour employer le logiciel de gestion du personnel! Quand le service débute par un congé, pour des motifs exceptionnels, le chaos commence pour compter les jours de service et donc pour déterminer quand il faut libérer un individu ayant fini ses jours – apparemment, nos génies n’ont pas su rendre l’opération facile dans le programme.

Certains bataillons se montrent inaptes à sortir les listes des militaires en service avec nom, grade et jours restants – ceux-là, je les accuse d’amateurisme, car j’ai vu que d’autres pouvaient y parvenir et étaient à même de les distribuer avant l’arrivée de la troupe.

Le personnel du PC (Poste de Commandement pour les intimes) est parfois incapable de déterminer qui est présent. On rit, quand on ne pleure pas ou ne rage pas, d’entendre des militaires qui ont terminé leurs jours en décembre se faire appeler le matin à la mi-janvier. Ils ne sont pas là et ne le seront pas du tout!

La base du commandement – en théorie apparemment… –, ce sont les trois «C» (Commander, Contrôler, Corriger), à l’occasion adjoints d’un quatrième pour Conséquence ou Coup de pied au c**, pour reprendre le langage, un peu fleuri, du militaire. C’est donc affligeant de voir que personne ne conduit. Personne ne semble responsable quand ce n’est pas strictement standard, et ceux qui agissent enfin s’attendent à des vivats. Si on félicitait tous ceux qui donnent le minimum escompté, on y passerait tout le service.

Dernière critique avant de ressembler à un antimilitariste primaire: les sergents-majors d’unité se prennent parfois pour des dieux et, comme ils font tourner la boutique, les commandants de compagnie n’osent pas toujours les remettre à l’ordre. C’est donc très facile pour un sergent-major d’abuser de son pouvoir sans aucune conséquence de la part de ses supérieurs, qui ne souhaitent pas se l’aliéner. Un certain nombre de commandants de compagnie sont faibles et laissent pourrir des situations par leur laxisme – généralement, leur attitude se ressent à tous les niveaux et c’est ainsi que tout le monde fait ce qu’il veut sans craindre de punition.

Ainsi, le service se passe médiocrement quand on met tous les éléments pour échouer: trop de bureaucratie, qui empêche les cadres supérieurs de commander et de voir les problèmes de la compagnie; des cadres veules et latitudinaires qui n’osent rien prendre en main; une troupe indisciplinée et ennuyée qui va profiter de chaque instant pour faire le contraire de ce qu’on lui a ordonné.

Liberté et patrie, mais surtout liberté pour ceux qui ont terminé avec ces cours désastreux.

Barberousse

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