Droit du sol

On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il semble que, chaque fois que notre grand voisin français rate un truc, il faut toujours qu’un gugusse en Suisse se sente obligé de proposer de faire pareil. On l’a vu et on le voit encore avec les méthodologies scolaires de l’élève au centre, et on le voit aujourd’hui avec la motion du socialiste Paul Rechsteiner au Conseil des Etats, proposant d’accorder la nationalité suisse aux étrangers nés sur notre territoire, le fameux droit du sol.

Le débat n’est pas nouveau et la gauche le remet régulièrement sur le tapis sous prétexte de favoriser l’intégration des résidents d’origine étrangère par le biais de la participation à la vie civique. C’est peut-être vrai dans certain cas, mais veillons à ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Brader la nationalité suisse ne va pas améliorer la volonté d’intégration des étrangers qui n’en ont pas à la base.

Pour revenir à nos voisins hexagonaux, il suffit de voir les événements qui défraient régulièrement l’actualité pour constater que les Français de deuxième ou troisième génération, issus de l’immigration et ayant bénéficié du droit du sol, qui agressent la police en plein jour, incendient des voitures et créent des zones de non-droit, non seulement ne sont pas bien intégrés, mais se moquent éperdument des valeurs démocratiques.

En consultant le site de la Confédération, on trouve facilement les conditions de naturalisation des différents cas de figure qui peuvent se présenter. Il faut bien se rendre à l’évidence, les prérequis pour obtenir le passeport à croix blanche sont déjà parfaitement raisonnables: un certain temps de résidence permanente, un casier judiciaire vierge, pas de poursuites, être capable de subvenir à ses besoins et une bonne intégration. Les enfants de la deuxième génération devraient dans leur immense majorité remplir les conditions sans problème. Il reste que les demandes sont en baisse et que personne ne se demande si, simplement, les jeunes étrangers ne sont pas parfaitement satisfaits de leur situation et n’aspirent en réalité pas à opiner sur les sujets soumis à votation ou à s’engager dans la vie politique.

Le parti socialiste cherche à gagner des voix, croyant trouver dans les enfants de l’immigration un bassin d’électeurs potentiels. Il fait probablement erreur tant il est vrai que nombre de Suisses naturalisés sont plus protectionnistes et conservateurs que les Suisses de souche, ayant expérimenté, eux, ce qu’est la vie ailleurs. Il restera donc à M. Rechsteiner et à ses compères à relancer la question du droit de vote pour les étrangers. On les attend.

Mi. P.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Immigration - Politique fédérale

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