Troisième vague

«Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe souvent dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir: il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté, mais gagné sa servitude.»

La Boétie, Discours sur la servitude volontaire, 1576

Je suis de plus en plus irrité de voir autour de moi des humanoïdes masqués, seuls sur le trottoir ou dans leur voiture, m’expliquer que les prescriptions sanitaires sont indispensables pour enrayer la propagation du virus. Les moutons les plus éveillés bêlent leur impatience de retrouver la liberté perdue à cause de la pandémie! On peut discuter sur les termes, mais une épidémie qui touche, à cause de la circulation humaine, un tiers des pays du monde, et qui a fait à ce jour moins de 3 millions de morts  (ce qui signifie que, dans les deux tiers des Etats du monde, il n’y a aucune victime du virus) n’a rien de comparable avec la peste noire du milieu du XIVe siècle (75-200 millions de morts, selon les sources), avec la variole en 1520 (56 millions de morts) ou avec la grippe espagnole du siècle passé (50-100 millions de victimes).

La ruine de l’économie, les montants exorbitants qui seront dépensés pour indemniser les commerçants qui n’ont pu travailler, les dégâts sociaux et psychologiques, l’isolement cruel des personnes âgées en EMS, l’interdiction des repas de famille et des apéritifs entre amis, des sports d’équipe, ne sont pas des conséquences de la pandémie, mais des mesures décrétées par le Conseil fédéral.

Il est de plus en plus patent que la balance coûts/bénéfices est largement défavorable: les mesures décrétées arbitrairement et de façon autoritaire par le gouvernement auront un impact modeste sur la propagation du virus et un impact catastrophique sur les plans économique, social, psychologique, financier, sportif, etc.

Les pouvoirs que le Conseil fédéral s’est arrogés, en s’appuyant sur la loi du 28 septembre 2012 sur les épidémies1 imprudemment votée par le Parlement devaient respecter, nous rassurait-on, le principe de proportionnalité cher aux juristes, à savoir que la liberté des citoyens ne devait être entravée que dans une mesure juste nécessaire au but recherché, mais pas au-delà.

Assez rapidement a prévalu le principe de précaution, qui prescrit que, quand on ne comprend rien à un phénomène, on interdit tout, de peur d’être accusé plus tard de n’avoir pas su prendre les mesures nécessaires.

Mais la précaution a été érigée en dogme seulement pour les relations interpersonnelles: port du masque, gestes barrière, désinfection des mains et des poignées de porte, etc. 

Personne ne s’inquiète des médicaments qu’on devrait administrer aux personnes infectées, depuis que la nomenklatura médicale a décrété en France, sous l’emprise des Big Pharma, que l’hydroxychloroquine était un remède de charlatan. On nous balance des chiffres (absolus) de personnes «testées positives» sans nous dire le nombre total de personnes testées dans le temps donné, on ne dit pas combien de ces personnes testées positives sont des gens guéris, malades, déjà vaccinés…

Et, en matière de vaccins, on inocule par millions des doses d’un produit improprement nommé vaccin, qui est en réalité une thérapie génique, conçu et fabriqué en dix-huit mois (alors qu’un vaccin doit généralement être testé plusieurs années avant d’être mis sur le marché) et dont on ignore presque tout de ses éventuels effets secondaires (qui peuvent encore apparaître pendant neuf ans).

Le principe de précaution est oublié. On se presse chez les pharmaciens pour pouvoir se faire piquer à l’ARN messager de Pfizer ou de Moderna et, l’après-midi même, on ira manifester contre l’importation de maïs aux OGM. Le lundi, le vaccin AstraZeneca était efficace à 65% avec de fâcheux effets secondaires et, le vendredi, c’était le plus efficace, à 97%, et le problème de coagulation venait d’ailleurs.

J’ai le sentiment que les scientifiques autoproclamés qui conseillent le gouvernement sont aussi ignorants que moi et profitent d’un climat de terreur entretenu pour conserver leur statut. Quand ils se croisent, dans les couloirs du Palais fédéral, ils doivent échanger des clins d’œil complices, comme les haruspices à Rome au temps de Cicéron.

On nous annonce une troisième vague. Espérons qu’elle va balayer les clowns de la Task Force!

Claude Paschoud

 

1 RS 818.101

Thèmes associés: Coups de griffe - Politique fédérale - Société

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