Chimie et autonomie alimentaire

Les prochaines votations fédérales verront deux objets liés à l’agriculture et aux pesticides soumises au peuple. Lancées sans surprise par des organisations écologistes, l’une veut une eau potable propre et l’autre l’élimination des pesticides de synthèse.

On peut donc conclure que l’actuelle eau du robinet, qui non seulement est potable, mais généralement très bonne, est en fait sale et impropre à la consommation. Flûte!

Le fond du problème est, comme souvent, que les écolo-bobo-urbains qui nous pondent ce genre d’initiatives n’ont pas la moindre idée de ce que signifie être un producteur agricole. Ils s’imaginent un monde rempli de beaux immeubles avec des toits aménagés en jardins potagers urbains, dans lesquels des familles aux joues roses cultiveraient, le dimanche en lisant Libé, la juste quantité de légumes et salades nécessaires à leur consommation, utilisant comme fertilisant un compost bio basé sur le recyclage de leurs propres déjections. Un mois de ce régime suffirait à leur faire voir que c’est contraignant, que nombre de petites bestioles raffoleront du produit de leurs cultures et que le mélange de vinaigre, jus de citron et bicarbonate n’est pas efficace dans ce cas de figure.

Ceux qui se hérissent à la seule mention du mot «chimique» devraient se rappeler que tout est chimique et qu’il ne s’agit pas du contraire de «naturel» comme on nous le laisse trop souvent entendre. Un produit de synthèse n’est pas a priori nocif.

Nos agriculteurs ont besoin de pouvoir lutter contre les fléaux qui détruisent leurs productions afin de pouvoir vivre de leur travail et fournir au pays la plus grande autonomie alimentaire possible. Les contrôles actuels sont suffisamment stricts. Nous voterons NON à ces deux nouvelles attaques contre l’agriculture suisse.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Economie - Environnement - Politique fédérale - Société

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