Mauvaises raisons

Un collectionneur d’armes soleurois a demandé à sa commune de Günsberg l’autorisation de placer un obusier dans sa propriété1. Pour autant que je sache, l’affaire est en suspens, mais les réactions ne se sont pas fait attendre.

Une habitante de Günsberg «n’entend pas voir transformer son village en place d’armes». A cette évidente exagération s’ajoute son souci de protéger de la vue de l’obusier – à l’air très menaçant – les malheureux écoliers, «qui devraient passer devant tous les jours», les pauvres chéris. Un représentant de l’Eglise catholique politiquement correct croit de son devoir de rappeler que «la paix et les armes ne vont pas de pair», ce en quoi il se trompe lourdement: les armes permettent de préserver la paix – si vis pacem, para bellum. C’est en tout cas l’avis de l’ONU, qui patronne tant d’opérations de maintien de la paix par les armes.

Tous ces gens dégoulinants de bons sentiments vivent sur une autre planète. D’abord, les écoliers de Günsberg, qui sont certainement des enfants normaux, seraient ravis de passer tous les jours devant une espèce de canon et finiraient d’ailleurs par ne plus y prêter attention. Quant à l’arme elle-même, elle ne menacerait personne, tant il est improbable que son propriétaire soit animé d’intentions meurtrières – si c’était le cas, il camouflerait son engin.

A mon sens, le seul argument quelque peu pertinent que devraient brandir les adversaires du projet est d’ordre esthétique: un obusier, c’est vraiment très moche.

M. P.

 

120 minutes du 27 avril.

Thèmes associés: Armée - Facéties - Société

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