Langage épicène

Le langage épicène, fruit de l’hystérie néo-féministe, consiste à utiliser dans l’expression orale ou écrite des termes qui désignent à la fois des hommes et des femmes. Votre concierge, par exemple, ne se plaindra jamais de la domination du patriarcat dans le domaine de la «technique de surface». Malheureusement, ces termes «neutres» n’existent qu’en nombre relativement restreint et il faut donc remédier à cette carence par toutes sortes de subterfuges – par exemple en détaillant les étudiantes et étudiants présents dans un auditoire ou les rares paroissiennes et paroissiens qui prennent encore le chemin de l’église le dimanche.

Pour plus de détails, je vous recommande la lecture des Exemples et conseils pour la rédaction épicène1 publiés sur le site officiel de l’Etat de Vaud. Vous verrez, c’est très amusant, surtout quand les auteurs se fourvoient.

Le langage épicène constitue à la fois un péché contre la langue française, un péché contre l’écologie et un péché contre les femmes. En effet, il obscurcit et alourdit les textes; il entraîne un gaspillage de papier et d’énergie considérable; il postule que les femmes sont des écervelées trop sottes pour faire la différence entre ce qui relève de la grammaire et ce qui se rapporte à l’égalité des droits.

C’est probablement pour cette triple raison que la Conférence intercantonale de l’Instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) a annoncé que, «dès 2023, une écriture qui respecte les genres et stimule l’égalité sera introduite dans les manuels scolaires»2. Dame! On ne peut pas être à la fois avant-gardiste et intelligent.

Mais il faut voir le bon côté des choses: le langage épicène nous réserve ici ou là des énigmes ou une franche rigolade.

Exemple glané au hasard d’une balade sur internet: Cette émission aura permis à tout un chacun tout un chacune de se forger une opinion. Je suis perplexe: n’aurait-il pas été préférable d’écrire «tout un chacun toute une chacune»?

Exemple trouvé dans un courrier électronique adressé à un groupe comportant plusieurs femmes et un seul homme: J’espère vous trouver toutes et tous en bonne santé. Je suis perplexe: n’aurait-il pas été préférable d’écrire «toutes et tout» ou mieux encore «toutes et un» comme dans la devise un pour tous, tous pour un, qui ne saurait tarder à devenir une et un pour toutes et tous, toutes et tous pour une et un?

Rions un peu: la Ville de Lausanne cherche un guet ou une guette pour la cathédrale de Lausanne…

Redevenons sérieux: une des raisons qui président à l’introduction du langage épicène dans les écoles est que, selon Claude Grimm, secrétaire syndicale du Syndicat des services publics de  Neuchâtel, «le langage joue un rôle important dans la transmission des discriminations de genre. Il est dès lors important de le modifier pour contribuer à changer les mentalités.»

C’est un aveu de lavage de cerveau et c’est grave!

M. P.

 

1https://www.vd.ch/guide-typo3/les-principes-de-redaction/redaction-egalitaire/exemples-et-conseils-pour-la-redaction-epicene/.

2https://www.20min.ch/fr/story/des-2023-les-manuels-scolaires-seront-moins-genres-432441828591.

Thèmes associés: Divers - Ecole - Egalité, discriminations - Politiques diverses

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