Néo-colonialisme et mondialisation

Mon fils Julien est un adolescent épatant, intelligent, bon élève et globalement parfaitement conditionné par la bien-pensance qu’on lui injecte en intraveineuse à l’école. Il conserve malgré tout une bonne dose d’esprit critique, résultat de l’abominable éducation rétrograde que je lui inculque à la maison.

Les repas sont souvent le théâtre de débats passionnés et passionnants, où il m’arrive de me faire moucher par cet impertinent moutard, dont la culture générale, fruit de ses lectures et de sa consommation boulimique de contenus sur Youtube, est considérable.

La dernière en date portait sur le colonialisme européen, le problème de l’Apartheid en Afrique du Sud et les exactions commises par les conquistadors en Amérique. Nous étions tous d’accord pour admettre que les conséquences à long terme de la colonisation avaient été en bonne partie néfastes pour les régions colonisées et que les Européens auraient probablement été bien inspirés de laisser les populations autochtones en paix.

Mais ce que j’essayais, avec succès d’ailleurs, je crois, de faire comprendre à mon garçon, c’est qu’il est toujours facile et confortable de porter des jugements a posteriori. Certains colons se sont mal comportés et ont traité les populations des régions qu’ils découvraient comme des animaux, voire pire. Mais il y avait parmi eux des gens très bien, missionnaires venus apporter la parole du Christ, scientifiques en quête de connaissances et commerçants à la recherche de négoces.

Si l’on remet les choses dans leur contexte, l’expansion coloniale correspond à un moment de grandeur de l’Europe, qui domine alors le monde. C’est l’époque des grandes découvertes scientifiques: la terre est ronde, elle tourne autour du soleil. Les rois envoient des expéditions au-delà des terres connues avec à leur bord des cartographes et des savants, chargés de rapporter leurs découvertes.

Ce processus d’expansion du mode de vie européen et du christianisme s’explique par la certitude qu’avaient les intellectuels de l’époque de détenir une vérité universelle, bénéfique pour tous et méritant d’être répandue. On sait aujourd’hui que les conséquences n’ont pas été celles espérées et que les empires coloniaux se sont désagrégés sous la pression de l’opposition des peuples colonisés.

Ce qui est curieux, c’est que ce sont ceux-là même qui critiquent sans nuance la colonisation et ses conséquences qui militent aujourd’hui pour une gouvernance mondiale et la religion des droits «humains». L’histoire se répète.

Mi. P.

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