Editorial

La prochaine édition de notre journal paraissant après les votations prévues en février, le présent éditorial traitera des sujets qui sont soumis au souverain le mois prochain.

Initiative pour l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine 

Les résultats des votes du Conseil national et du Conseil des Etats donnent une bonne idée des soutiens dont peut se prévaloir cette initiative des milieux antispécistes. Tant dans l’un que dans l’autre des deux conseils, aucun vote favorable. Il faut dire que cette initiative accumule les tares: excessive, dogmatique et inutile.

L’expérimentation animale est une absolue nécessité dans le cadre de la recherche médicale en ce qu’elle permet de retarder l’expérimentation humaine et ainsi d’éviter des risques d’effets secondaires indésirables sur l’utilisateur final. Ça sera NON.

Initiative pour la protection des enfants contre la publicité pour le tabac 

Voilà une initiative merveilleuse! Sous couvert de protéger la jeunesse, les initiants visent à interdire purement et simplement la publicité pour le tabac. En dehors du fait que nous estimons que les cantons sont parfaitement à même de gérer ce type de problématique, on soulignera que ce genre de démarche s’inscrit dans une logique paternaliste et liberticide. On n’a jamais vu un gamin se mettre à fumer parce que la cigarette lui a paru bonne sur une annonce. Il fume parce que le caïd de la cour de récré, celui qui a un tatouage en décalcomanie, crapote après les cours.

Les arguments de l’initiative peuvent s’appliquer à tout ce que les hygiénistes de tous poils considèrent comme mauvais pour la santé, comme l’alcool, le sucre, le sel, la graisse, la viande et tout ce qui n’est pas bio. On pourra d’ailleurs étendre le processus à ce qui n’est pas bien, comme la sexualisation des mannequins sur les affiches pour les parfums, les voitures polluantes, les produits fabriqués en Chine, les fruits et légumes transportés en cargo depuis le Pérou, et les candidats de partis de droite aux élections.

A ce rythme, dans peu de temps, les recettes publicitaires des médias se limiteront aux annonces de l’épicerie du coin de la rue; ça ne va pas les aider à survivre. Cela nous amène au sujet suivant.

Loi fédérale sur un train de mesures en faveur des médias 

La presse écrite tire la langue depuis de nombreuses années. L’irruption d’internet, la profusion d’informations gratuites et les nouvelles formes de marketing en ligne ont gravement touché la presse dite traditionnelle. Malgré de gros efforts pour s’adapter, les recettes publicitaires sont en chute libre et on voit mal comment la tendance pourrait s’inverser. La presse écrite a bien sûr une autre source de revenus que sont les abonnements, mais, là non plus, la concurrence de Google et de 20 minutes n’aide pas.

L’aide proposée par la loi serait reçue en plus grande partie par la presse écrite, bien que 28 millions soient prévus en faveur des radios locales et des télévisions régionales, alors que les recettes publicitaires de ces médias restent relativement stables. Il s’agira pour l’essentiel d’une aide aux frais de distribution pour les périodiques qui paraissent au moins tous les quinze jours. Mais la presse mérite-t-elle qu’on la mette sous perfusion? Ne devrait-elle pas se remettre en question? Si le public n’est pas disposé à payer pour l’information qu’elle publie, c’est peut-être que la qualité n’est pas à la hauteur des attentes et guère meilleure que celle des journaux gratuits. Il est intéressant d’ailleurs de constater que les arguments du Conseil fédéral en faveur de la loi s’attachent à valoriser la presse d’information et non celle d’opinion.

Certains secteurs sont appelés à disparaître, victimes du progrès. Il en a été ainsi tout au long de l’histoire. Nous voterons NON.

Modification de la loi fédérale sur les droits de timbre 

Le dernier sujet est celui qui, de notre point de vue, fait le moins débat. Les droits de timbre sont des taxes obsolètes qui datent de l’époque où l’Etat émettait du papier timbré, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pour ce qui concerne celui qui nous occupe, le droit de timbre d’émission, il grève les émissions de nouvelles actions pour un capital dépassant le million de francs. Il s’agit donc d’une taxe qui ne concerne que des émissions relativement importantes, et donc rarement des PME.

L’argument du comité référendaire mené par le parti socialiste est qu’il s’agit d’un cadeau fait aux multinationales, argument utilisé de manière automatique chaque fois que l’on envisage une baisse d’impôt pour les entreprises. La réalité est que les entreprises qui mobilisent des fonds en ont généralement besoin et qu’il n’est pas judicieux de les en priver en partie à ce moment. Il sera toujours temps de les taxer sur les distributions des bénéfices. Nous voterons OUI dans ce cas.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Economie - Médias - Politique fédérale

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