Que cachent les cryptomonnaies?

Le 7 janvier dernier, j’apprenais que le Kazakhstan était secoué par des troubles et qu’une des conséquences en était l’impact sur la création de cryptomonnaies, dont le pays est un des principaux producteurs.

L’occasion pour moi de revenir sur ce merveilleux concept, apparu en 2009 avec la première cryptomonnaie, le bitcoin. Car qu’est-ce qu’une cryptomonnaie? On n’en sait généralement rien, quel que soit le cercle dans lequel on évolue. On a vaguement entendu dire que c’est du pognon informatique qui permet de faire des échanges sans passer par des établissements financiers. C’est en effet le but affiché: une monnaie d’échange, acceptée par les parties à une transaction, très sûre car dématérialisée et protégée par des processus informatiques qui me sont absolument hermétiques, mais émise hors des circuits officiels.

Chouette, me direz-vous, bonne idée, comment se procure-t-on des bitcoins, du coup? Eh bien, il y a deux possibilités: soit vous les achetez contre de vrais sous, soit vous les fabriquez en les extrayant de la mine. Le processus de «minage» est lui aussi totalement abscons pour un néophyte en informatique comme moi, mais, en gros, il faut résoudre des énigmes et avoir à disposition de gros ordinateurs. En somme, il faut jouer pour gagner des récompenses émises en bitcoins.

Selon le site coinmarketcap.com, le volume d’échanges, le 15 janvier, s’élevait à plus de 18 milliards de dollars. Un bitcoin s’échangeait à plus 43’000 dollars; c’est fou! C’est d’autant plus fou que cela ne repose sur rien, absolument rien, si ce n’est la croyance béate des détenteurs de bitcoins qu’ils pourront utiliser ce moyen de paiement en échange de biens et services. On me rétorquera qu’en ce moment l’euro n’est guère mieux loti et c’est vrai. Mais il y a quand même des Etats, des rentrées fiscales et parfois un peu d’or en garantie.

Mais l’effet le plus vicieux du bitcoin est qu’il s’est transformé en véhicule d’investissement spéculatif, sujet à des hausses spectaculaires comme à des baisses vertigineuses, comme ce fut le cas au début du mois avec les événements du Kazakhstan.

Je ne sais pas vous, mais moi, investir dans un machin intangible, créé par des gars qui jouent à Mincraft, garanti par des systèmes informatiques que je ne comprends pas, et qui ne repose sur rien, ça va être non!

Après, c’est vous qui voyez; le casino, c’est sympa aussi.

Xavier Savigny

Thèmes associés: Economie - Humeur

Cet article a été vu 487 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions