Gai, gai, changeons de sexe!

Depuis le 1er janvier 2022, il est possible, en Suisse, à toute personne de plus de seize ans de changer de sexe et de prénom sur simple déclaration à l’état-civil et pour la modique somme de 75 francs.

Cette procédure simplifiée, qui permet d’adopter le sexe ressenti sans aucune intervention chirurgicale, est destinée à toute personne qui ne se sent pas bien dans sa peau d’homme ou de femme.

Le 22 janvier, un Lucernois a demandé à devenir femme pour pouvoir toucher l’AVS à l’âge de soixante-quatre ans1. Quoique à première vue sans rapport avec un malaise psychologique – mais sait-on jamais –, sa demande a été acceptée, car les officiers d’état-civil doivent «éviter une intrusion trop forte dans l’intimité d’une personne», de sorte que «la sincérité de la personne est présumée, conformément au principe de la bonne foi». En l’occurrence, le pétabosson a choisi de se simplifier la vie plutôt que de «rechercher activement un abus», ce qui ne lui est, paraît-il, pas permis. L’eût-il fait, d’ailleurs, que le plaisantin lucernois devenu farceuse lucernoise aurait pu déclarer qu’il avait acquis en toute bonne foi, compte tenu de l’injustice faite aux hommes en matière d’AVS, «la conviction intime et constante de ne pas appartenir au sexe inscrit dans le registre de l’état civil»2.

Au royaume des dingues, les malins sont rois.

M. P.

 

1 https://www.20min.ch/fr/story/changement-de-sexe-litigieux-dun-homme-pour-une-retraite-a-64-ans-539095626813.

2 Cf. art. 30b du Code civil.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Facéties - Politique fédérale

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