Ne dites pas…
Ne dites pas: «Nos équipes sont toutes et tous sur le pied de guerre.»1 Dites: «Nos équipes sont toutes sur le pied de guerre.»
Je constate avec un amusement teinté d’inquiétude que certains «classiques» de la langue inclusive tels que cellezéceux ou toutezétous, destinés à promouvoir l’égalité entre les sexes, sont devenus à ce point des automatismes que leur emploi en devient grotesque.
Une autre tendance ridiculise l’inclusif: celle qui, lorsqu’un nom ne peut pas être mis au féminin, consiste à contourner la difficulté en féminisant le déterminant. C’est ainsi que, une femme médecin ne pouvant décemment être qualifiée de médecine, tous les convertis au laid langage qui l’évoquent – journalistes, patients – parlent d’elle comme de «la médecin».
A ce propos, je me demande comment il faut s’y prendre, en cas d’emploi du pluriel, pour ne pas confondre les médecins de sexe masculin et les médecins de sexe féminin. Dira-t-on: «Les médecins et les médecins sont d’avis que…»? Il serait possible de résoudre cet épineux problème en recourant à une formule élégante du style «Mesdames les médecins et Messieurs les médecins», mais il se trouverait à coup sûr un fanatique de l’inclusion pour découvrir dans la neutralité du mot «médecins» une nouvelle manifestation de l’infâme domination du patriarcat.
D’ailleurs, puisque la recherche de l’égalité devrait, en bonne justice, fonctionner dans les deux sens, n’y aurait-il pas lieu de transformer, le cas échéant, la recrue en le recrue ou la victime en le victime pour bien marquer la différence entre les gentilles dames et les vilains messieurs?
Par chance, le mot débile est épicène.
Le pinailleur
1 Entendu sur une chaîne de télévision.
Thèmes associés: Divers - Egalité, discriminations - Facéties
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