Service civil
Le 14 juin, les citoyens suisses seront appelés à voter pour ou contre la modification de la loi sur le service civil.
Il a fallu trente ans aux autorités fédérales pour comprendre qu’un service civil, même de plus longue durée que le service militaire, n’était pas la solution adéquate pour résoudre la question de l’objection de conscience.
Le service civil de remplacement a été introduit en 1996. Au fil du temps, la nécessité de démontrer l’existence d’un grave conflit de conscience a été abolie au profit de la prétendue «preuve par l’acte». Or le fait d’accomplir un service plus long démontre seulement qu’un individu trouve plus confortable d’accomplir une tâche «civile» de 368 jours en établissement médico-social ou dans la nature que de se soumettre à une formation militaire de 245 jours, avec ce que cela implique – ou devrait impliquer dans une armée digne de ce nom – d’entraînement, d’efforts et de discipline, sans parler du risque accepté de laisser sa vie sur le champ de bataille en cas de conflit.
En fait, actuellement, le libre choix entre le service militaire et le service civil existe de facto, d’où le succès du second, au détriment des effectifs de l’armée, car tous les jeunes gens pourvus d’une noble conscience sociale demandent à faire du service civil, laissant aux inconscients bellicistes le soin d’apprendre à les défendre.
Il a été jugé nécessaire, enfin, de remédier à cette situation.
La loi a donc été modifiée dans le sens d’une restriction de l’accès au service civil. Les milieux antimilitaristes ont alors lancé le référendum et obtenu près de 58'000 signatures.
Sans surprise, le comité référendaire fait valoir que les «civilistes» sont, pour toutes sortes de raisons, indispensables à la sécurité d’une Suisse sociale et solidaire, et craignent que le service civil ne finisse par être dissous.
Ils le craignent et, moi, je l’espère.
Nous l’avons dit et répété durant pas loin de cinquante ans: seul le service militaire obligatoire nécessaire à une armée de milice crédible justifie qu’on arrache des citoyens à leur travail, à leur famille, à leurs études ou à leur apprentissage. Si des jeunes Suisses veulent s’engager au service de la société, libre à eux, mais à leurs frais.
J’espère qu’un jour viendra où les Chambres fédérales auront le courage de supprimer le service civil et de soumettre les objecteurs de conscience avérés à la taxe militaire.
En attendant, faute de mieux, je voterai OUI à la modification de la loi sur le service civil.
Mariette Paschoud
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