Encore les flottilles
Il y a des jours où je me demande si le militantisme n’est pas une affaire de gamins égocentriques plus ou moins attardés.
Je me pose la question, en tout cas, à propos des différentes flottilles pour Gaza, qui toutes se font bloquer par la marine israélienne dans les eaux internationales, selon un scénario désormais rodé, avec arrestations d’activistes et expulsion de ces derniers vers leurs pays d’origine, arrivées triomphales des «héros» – souriants et en bonne santé – dans les aéroports, indignations politiques et médiatiques devant le récit des «traitements dégradants» contés par les militants libérés des geôles d’Israël.
Il est vrai que la vidéo provocatrice publiée récemment par le ministre de la sécurité nationale israélien, montrant, après leur arrestation, les derniers «sauveteurs» de Gaza le derrière en l’air, dans une position de prosternation tout sauf héroïque, avait de quoi faire perdre le sommeil aux chefs d’Etats ou de gouvernements, aux journalistes et aux organisations humanitaires occidentaux.
Mais qui peut croire encore que les flottilles pour Gaza sont réellement destinées à apporter une aide humanitaire – dérisoire – aux Gazaouis en détresse, alors que tout le monde sait qu’elles n’atteindront en aucun cas leur destination, que leurs passagers vont au-devant d’ennuis prévisibles – rien de bien grave, probablement, sinon ils ne prendraient pas, pour certains, le risque de récidiver –, que leur chargement sera perdu et que l’opération est chaque fois un gaspillage de temps et d’argent?
En vérité, les opérations menées par les «flottilleurs» ont pour principal objet de créer beaucoup de bruit autour de leur vertu humanitaire à nulle autre pareille, même si leur action ne sauve pas une seule vie à Gaza. Ça fait tellement de bien de se sentir meilleur que les autres dans un grand élan de publicité!
On chercherait vainement une once de réflexion, un tout petit atome de bon sens chez ces héros de pacotille.
Si au moins ils assumaient de bon gré leur coûteuse responsabilité! Mais non! Les rapatriés suisses trouveraient normal que les contribuables helvétiques prennent en charge les frais engendrés par leurs stupides équipées. Ils pleurnichent, parce qu’il n’en sera rien.
Des gamins égocentriques, vous dis-je!
M. P.
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