Présomption d’innocence (clin d’œil à Pollux…)

Je ne connais Patrick Bruel que de nom. Je serais bien incapable de citer le titre d’une seule de ses chansons. En fait, je n’ai aucune raison de m’intéresser au personnage, si ce n’est parce que c’est lui qui est, en ce moment, l’exemple de la destruction sociale orchestrée par une presse impitoyable, assistée par des témoins – en l’occurrence des femmes – qui, soudain, sortent de partout pour dénoncer l’immonde; en conséquence de quoi, alors qu’aucun tribunal n’a encore rendu de jugement sur les plaintes qui pleuvent, associations, concerts et festivals ont viré le malpropre – qui en est venu à s’exclure lui-même dans certains cas – au nom de la morale publique.

Un article de 20 minutes1 publié le 29 mai illustre le sale esprit qui anime les commentateurs de cette affaire: après en avoir écrit des tonnes sur les rejets dont le chanteur est l’objet en raison de ses inexpiables péchés, le journaliste conclut:

Selon Mediapart, plusieurs procédures sont en cours en France et en Belgique. Depuis les premières révélations du média, trente femmes ont accusé le chanteur de violences sexuelles ou sexistes. Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence.

Le rédacteur de 20 minutes n’a tout de même pas osé mettre la dernière phrase en évidence.

M. P.

 

1 Les Enfoirés écartent Patrick Bruel suite aux accusations de violences sexuelles - 20 minutes.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Justice - Médias

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