Bricoles

L'horreur!

Chaque jour ou presque est journée mondiale de quelque chose. Le 17 mai, c'était le tour de la lutte contre l'homophobie. A cette occasion, les Jeunesses UDC valaisannes ont «[poussé] loin la provoc.», nous dit le Matin Bleu du lendemain. Jugez-en: Grégory Logean, président des provocateurs en question «a “fermement condamné la banalisation de l'homosexualité” dans un texte lisible sur le site cantonal du parti»; pire: il ose prétendre que «la promotion de ce choix de vie menace l'équilibre psychique et moral de la jeunesse». Le journaliste de service, Raphaël Pomey – qui ira loin, je peux vous le dire, compte tenu des «qualités» requises pour faire carrière dans une certaine presse –, voit dans ce «dérapage» un possible «pétage de plombs».

Inutile de dire que les milieux homosexuels sont scandalisés, bouleversés, atterrés, et appellent de leurs vœux une loi «permettant de condamner ces propos homophobes». En attendant le jour béni qui verra leur revendication satisfaite, ils se servent de la norme antiraciste. Ils sont comme ça, les champions de la tolérance et de l'ouverture à l'autre: cohérents.

Ajoutez à cela qu'Oskar Freysinger, président de la section valaisanne de l'UDC, a refusé de retirer du site le texte incriminé sous le fallacieux prétexte que celui-ci «ne comporte pas d'insultes» et que lui-même n'est pas un policier de la pensée, et vos yeux horrifiés contempleront le désastre dans toute son étendue.

Ce n'est pas pour rien que la prose de Monsieur Pomey porte ce titre dramatique: Des jeunes UDC sombrent dans l'homophobie. (mp)


Solution

Les hooligans sévissent désormais à la fin de tous les matches de football, et l'on ne compte plus le nombre des blessés et le montant des dégâts. Toutes les mesures visant à repérer les fauteurs de troubles et à les maintenir à l'écart des stades ont échoué, ainsi que nous l'apprend le Matin Bleu du mardi 19 mai. Répondant à la question «Que faire contre les hooligans?», la jeune Deborah, dix-neuf ans, déclare: Tant qu'il y a de la violence, il faudrait des matches à huis clos On ne peut plus aller au stade en famille.»

Ce n'est pas si bête et on plaint beaucoup les innombrables familles privées de leur plaisir par les voyous. Mais ne serait-il pas plus simple encore d'interdire carrément les matches? En effet, l'esprit de compétition ayant cédé la place au spectacle, on voit mal les équipes de football accepter de jouer sans public, gratuitement, juste pour la beauté du sport.

Le premier médecin venu vous le dira: le plus sûr moyen de guérir un mal est d'en éradiquer la cause. Supprimons les matches sur tout le territoire de la Confédération, grâce à une loi fédérale naturellement, et les violences disparaîtront, ainsi que les dizaines de blessés qu'elles engendrent. Quelle économie pour le budget de la santé! (mp)


Economies

Le conseiller fédéral Pascal Couchepin, chef du Département fédéral de l'intérieur, s'est mis en tête de faire baisser les coûts de la santé. Il fourmille d'idées, il faut le dire. L'avant-dernière consiste à introduire une taxe de consultation de trente francs censée dissuader les gens de recourir à leur médecin pour un oui ou pour un non. La dernière, qui, à la suite du tollé provoqué par ladite taxe, vise à corriger quelque peu le tir par la mise en place d'un service de conseil téléphonique gratuit auprès des assurances, permettrait dans certains cas d'éviter une consultation et, donc, la dépense de trente francs.

Cette nouvelle fausse bonne idée annoncée par la presse du 19 mai a créé elle aussi des remous. Les défenseurs des sourds et des étrangers sont montés au créneau. En effet, il tombe sous le sens que les «malentendants» et les allophones ne pourront pas bénéficier de cette mesure dès lors discriminatoire, nous dit-on. On notera que personne n'a pensé à se plaindre au nom des gens qui n'ont pas le téléphone!

Il me semble qu'un sourd ou un allophone pourrait recourir à un tiers «bienentendant» ou bilingue pour profiter du conseil téléphonique. Il n'y a donc pas lieu de faire toute une affaire de cette prétendue discrimination.

En revanche, je ne vois pas très bien comment ce système pourrait fonctionner gratuitement. Puisque le service devrait être mis en place par tous les assureurs, selon un communiqué ats du 29 mai, et quand bien même la ligne téléphonique serait exploitée par des «entités indépendantes des caisses maladie», il faudra bien que quelqu'un paie les donneurs de conseils et les communications. Et ce quelqu'un sera forcément l'assuré, soit par une répercussion des coûts sur ses primes d'assurance maladie, soit sous forme d'impôts si le service est financé par des subsides fédéraux.

Quand donc nos autorités cesseront-elles de nous prendre pour des gogos et de jongler avec l'argent dont elles disposent comme s'il ne sortait pas de nos poches! (mp)


Bonne nouvelle

Lu dans 20 minutes du 19 mai sur la garantie des prestations: «Le Canton [de Vaud]a signé un accord avec dix-huit assureurs maladie pour éviter les suspensions de prestations pour primes impayées. L'Etat paiera 85% des montants irrécupérables.» Et moi qui croyais que les petits revenus bénéficiaient de subsides pour leurs primes! D'où viennent donc ces primes impayées? Probablement de gens qui sont trop «riches» pour bénéficier des subsides et trop «pauvres» pour assumer leurs primes d'assurance maladie obligatoire.

En tout état de cause, nous pouvons nous réjouir: non contents de payer des primes et des taxes toujours plus élevées, nous aurons la satisfaction de financer par nos impôts le retour à la santé des mauvais payeurs.

Pour la conclusion, voir plus haut!


Infatigables ayatollahs

Selon 20 minutes du 20 mai, la Ligue pulmonaire a lancé une initiative populaire Protection contre le tabagisme passif destinée à contrer la loi – fédérale – adoptée en octobre par le Parlement et qui n'interdit pas totalement la fumée dans les lieux fermés.

Il me semble que la Ligue pulmonaire ferait bien de lancer une initiative réclamant la destruction de tous les végétaux qui entraînent des allergies telles que le rhume des foins, lesquelles empoisonnent la vie d'un grand nombre de personnes une bonne partie de l'année dans les lieux ouverts. (mp)


Prévention

Un communiqué AFP du 25 mai nous fait savoir de Paris que «l'Académie nationale de médecine recommande à tout consommateur d'alcool de s'astreindre à une journée “zéro alcool” pour auto-évaluer son rapport aux boissons alcoolisées et repérer une éventuelle consommation à risque».

Ce n'est pas une mauvaise idée en soi. Mais c'est partir du principe que tout consommateur d'alcool en absorbe quotidiennement, ce qui n'est pas forcément le cas, ne serait-ce que parce que les circonstances s'y opposent – préparation d'un examen médical, nécessité de prendre le volant, par exemple. Il faut voir aussi que se passer d'alcool pendant un jour sans difficulté ne signifie pas encore qu'une abstinence de plus longue durée serait bien supportée. Enfin, aucun «consommateur à risque» ne se risquera à tenter l'expérience.

Cette recommandation est donc aussi inutile que les avertissements imprimés sur les paquets de cigarettes, mais elle procède du même esprit. Ah! quelle belle chose que la prévention.

Il est bien dommage que la prévention débouche si souvent sur la prohibition des petits plaisirs qui, nous dit-on, raccourcissent la vie.

A quand l'interdiction de boire un verre de vin dans les établissements publics? (mp)


Citations

Vous devriez lire les 4 Vérités Hebdo1. C'est un journal de droite qui publie des articles intéressants rédigés avec une grande liberté de ton par des collaborateurs aux opinions souvent divergentes et parfois même contradictoires. On y trouve aussi des rubriques comme Chiffres Significatifs et Sic.

Le no 695 du 12 juin publiait, dans la première, l'information suivante:

«La Halde1 a été initialement imaginée pour lutter contre la prétendue “homophobie”. Mais 3% seulement des plaintes concernent les “orientations sexuelles”, soit à peine plus que des plaintes concernant la discrimination de femmes enceintes!»

Dans la deuxième rubrique, le même numéro cite l'écrivain Olivier Maulin:

«Hitler ayant un jour commandé un café crème dans une brasserie viennoise, je propose de présumer antisémite tout salopard qui commandera impunément un café crème dans un bistrot. Et pour enfoncer le clou, je rappelle aux assassins de la mémoire que Drumont, tout en écrivant ses cochonneries, se fouillait régulièrement le nez. De quoi il ressort que mettre les doigts dans son nez sera dorénavant regardé comme un acte antisémite de la plus haute gravité!»

Le ton est donné. (mp)

NOTES:

1) 18 à 24, quai de la Marne, F-75164 Paris Cedex 19

2) Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (n.d.l.r.)

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