Lettre d'un contribuable français à son trésorier payeur général

Monsieur le Trésorier,

En réponse à votre diptyque en quadrichromie inspiré d'un Mondrian en petite forme, j'ai le grand honneur et l'extrême avantage de vous informer qu'en l'absence de récepteur lobotomiseur (téléviseur) à mon domicile, je ne vous dois point la redevance.

Aussi ne vais-je acquitter que la taxe d'occupation d'un espace vital, précisément situé sur le territoire du grand pressoir régional, du broyeur départemental et du fouloir communal. Ce paiement, je l'effectue en pensant à tous ces pauvres gens obligés de transhumer vers notre vieux pays chrétien, égoïste et raciste, mais, surtout, incapable d'accueillir dignement l'humanité souffrante. Oui, je suis coupable de ne pas entendre les cris de révolte des jeunes nations africaines, à l'adresse du franchouillard très moyen qui ne comprend rien à la mondialisation. Oui, Monsieur le Trésorier, je sais que je n'ai pas d'autre solution que de travailler pour payer ma pierre tombale, celle que je ferai installer dans le cimetière situé juste derrière ma petite maison hypothéquée, entre le supermarché halal et le gaveur McDonald's.

Alors, merci, encore merci, Monsieur le Trésorier, d'actionner la puissante machine administrative qui produit ce vinaigre de la révolte, aliment quotidien des assujettis sociaux et autres muselés du crédit, si bien pressés depuis le règne de Francisque 1er , en l'an de grâce 1981.

Une piquette de la discorde que les Gaulois consomment à l'envi lors de nos meditrinalia électorales.

Recevez, Monsieur le Trésorier, les salutations d'un citoyen obéissant et prêt au sacrifice fiscal.

Signé: un ponctionné, locataire de ses biens sur terre.

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