Bricole

Il insiste!

L'étudiant perpétuel congolais Bienvenu Mbutu Mondondo dont j'eus le privilège de vous entretenir en septembre 2007, suite à la plainte qu'il avait déposée en Belgique contre la société Moulinsart, en raison du caractère prétendument raciste de Tintin au Congo, est devenu comptable. On en serait ravi pour lui si, sa plainte belge s'étant perdue corps et biens, il n'avait pas jugé opportun d'utiliser son temps libre pour s'en prendre de nouveau, en France cette fois, au caractère raciste et colonialiste de la célèbre bande dessinée.

Je trouve que ce monsieur si chatouilleux devrait se pencher sur les péchés d'autres dessinateurs belges. S'il voulait bien s'intéresser à Spirou et Fantasio immortalisés notamment par Franquin, il s'apercevrait que, dans les années cinquante, celui-ci a conçu et illustré des scénarios hautement racistes – La Corne de rhinocéros, Le Gorille a bonne mine – mettant en scène des «sauvages» peinturlurés dont les plus évolués parlent le petit-nègre.

Tout aussi scandaleusement, mais dans un autre registre, Franquin s'associe à l'apologie très sportivement incorrecte du dopage – Il y a un sorcier à Champignac –, puisque le X1 inventé par le comte de Champignac donne à celui-ci une force miraculeuse qui lui permet de s'enrichir rapidement – pour la bonne cause, il est vrai – en gagnant aisément matches et courses.

Enfin, le sexisme n'est pas absent des scénarios illustrés par Franquin: l'attitude paternaliste de Fantasio à l'égard de sa collègue Seccotine aura gêné plus d'une féministe.

Pourquoi donc Bienvenu Mbutu Mondondo, champion de la lutte contre les discriminations, ne s'en prend-il pas aux hérésies de Franquin? La réponse gît peut-être dans le fait qu'il croit avoir davantage de chances de succès en s'en prenant à un «extrémiste de droite» notoire plutôt qu'à un homme non marqué politiquement.

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