En direct de Sirius

Les couacs des partez-en-guerre


Que de dissonances au Concert des Nations! Le Proche-Orient prend acte de la touchante invitation de Sam pour que l'UE assume la reconstruction de l'Irak (où elle n'aurait jamais dû aller) et de la Palestine (où elle n'est pas allée). En Syrie, les supplétifs belges, français et quelques autres distribuent la bonne parole sur Kobané sous forme de bombes prudemment expédiées hors de portée des forces du Califat, cependant que les Turcs observent, l'arme au pied, le sort de Kurdes pour lesquels, de même que les Iraniens et ce qui reste des Irakiens, ils ne nourrissent pas une très grande sympathie. Et il n'est pas interdit de penser que l'homme fort d'Ankara conçoive en direction d'Akaba de lointaines pensées ottomanes. Le ministre français des affaires des autres pousse à la roue pour faire accepter dans l'UE une Turquie que cela n'émeut pas trop puisque les compatriotes du bon apôtre montent d'eux-mêmes au Grand Bazar pour y faire de bonnes affaires. Tout cela contrarie quelque peu le jeu d'une petite théocratie orientale volontiers oublieuse de toute géographie qui se rêve transférée sur notre continent.

Toutes choses qui ne risquent pas d'attendrir les djihadistes du calife pour qui les combats décisifs se finiront au corps-à-corps. Et leur mépris croît en parallèle avec le respect que leur volonté d'en découdre commence à inspirer à ce qui reste d'encore un peu viril et d'occidental chez nos peuples.

Guerre des genres: la Hollandie sous la Terreur


Le 7 octobre, pour avoir donné du «Madame le Président» à celle qui perche à l'Assemblée nationale, un député français s'est vu remettre à l'ordre avec réduction d'un quart de son indemnité parlementaire. L'incident a déclenché l'hilarité, voire la consternation de tout ce qui est encore un peu sensé dans la république et de grands moments radiophoniques. Sur Radio J (émission L'Esprit de l'escalier du 12.10), Elizabeth Lévy exhuma une déclaration de l'Académie Française du 14.6.1984 selon laquelle «la distinction des sexes n'est pas pertinente pour en fondre la différence entre les genres grammaticaux et (…) le genre non marqué est préférable, puisque l'usage ne s'y oppose pas pour les noms de titres, (...) de fonctions. [Le juge, le délégué], le président désignent indifféremment un homme ou une femme». Alain Finkielkraut, tout récent Immortel, pour qui sa femme «doit être une adepte de la servitude volontaire puisqu'elle dit toujours qu'elle est avocat», nous apprit que dans les textes, aux USA, le citoyen ou l'individu est désormais désigné par le pronom she (elle) quel que soit son sexe et en dépit de l'existence du neutre it! Et d'ajouter que pour les philosophes grecs traduits en anglais, «ça fait extrêmement drôle, parce que les Grecs étaient (sic) pas spécialement féministes. C'est toujours à “elles” que nous avons affaire chez Aristote comme chez Platon.» Et le même pince-sans-rire d'insister pour que désormais on s'adresse à François Hollande par «Monsieur la présidente». Europe 1 ne fut pas en reste, chez qui Caroline de Haas, militante féministe fondatrice de macholand.fr – un site qui va ravir Monsieur la présidente –, se ramassa un râteau contre Guillaume Perrault du Figaro , tant il était vrai qu'outre le recours à l'Académie les arguments de ce dernier relevaient du simple bon sens. Selon lui, vouloir contraindre les gens à dire «Mme la présidente» portait atteinte à la liberté d'expression qui «protège celui qui parle... pas celui qui écoute» – imparable. Mal inspirée dans sa détermination à «rendre visibles les femmes, [qui] constituent 51% de la population», la dame gagna en véhémence à mesure qu'elle perdait pied et se hasarda à argumenter que, en cas d'élection d'une présidente de la République, faute de féminiser son titre, «on ne rendra[it] pas visible le fait que c'est une femme qui a accédé à cette fonction, la plus importante de notre république»... «Saaans blaaague!» aurait rétorqué Grock. Sauf à élire une ancienne championne de natation est-allemande et à faire fi des capacités compensatoires des handicapés des sens, on pourrait penser que le problème de la reconnaissance des femmes en vertu des caractéristiques propres à leur «genre» – sans parler de la reconnaissance morale et matérielle qui leur sont dues – ne saurait se résoudre par voie de sémantique.

Peut-être que pour enfin accéder à une saine complémentarité des sexes, il faudrait un peu songer à ranger les penseuses de combat en chaussures à clous et à mettre en ligne des artisanes rompues à conquérir par la finesse. Sur ce, j'abandonne mon clavier et m'absente pour aller, juste devant chez nous, secourir cette chauffeuse-poids-lourde qui ne parvient pas à soulever sa roue de secours...


Max l'Impertinent

NOTES:

23 à 12 en faveur de celui-ci dans le public, et des appels (essentiellement d'auditrices) pudiquement décrits comme «farouchement opposés» aux arguments de la dame.

Thèmes associés: Politique française

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