En direct de Sirius

12.11.14, 17h.04


Après dix ans de voyage et un détour d'à peu près six milliards de kilomètres pour profiter des effets ricochet-fronde de la Terre, de Mars et du Soleil1; à cinq cent dix millions de kilomètres de notre planète, le livreur Rosetta a envoyé Philae – cent kilos ici; un gramme là-bas – se poser sur la comète Tchouriournov-Guérassimenko. Un gramme de technologie terrienne arrivé sur l'inconnu; un poids-plume à peu près stabilisé – après d'inévitables surprises et cinq rebonds –, qui continue de travailler à l'heure où je rédige ces lignes (15.11, 10h.59), même si, pour ménager ses batteries affamées de photons, il a dû cesser d'émettre depuis 1h.00 ce matin. En étant parvenu – en dépit de ses ennuis – à forer le sol de son dernier domicile, ce témoignage de savoir-faire d'une élite scientifique du «vieil Occident» (l'Europe scientifique2, pas l'Europe politique) représente un succès... astronomique!

Brisbane (sommet du G20)


Admirer Séduktor le Rondelet, boudiné dans son complet-veston, «causant» la langue de bois en tête-à-tête avec Poutine, c'était comme observer un nain de jardin en plâtre véritable en face d'un félin. Entendre, après qu'il eut proposé à tous les participants de s'appeler par leur prénom – comment!? Pas de bisous? –, l'hôte australien reprocher au président de Russie de «vouloir restaurer la gloire perdue du tsarisme», c'était suivre une version anglaise de Tartuffe joué en costumes de ville. Quant à David Cameron, encore premier ministre d'un reliquat d'empire sur lequel le soleil a pris, dès 1945, l'habitude de se coucher tôt, il est permis de se demander d'où il tient le culot d'assener à Poutine qu'il n'a «pas de parole».

Festung Breslau (13 février – 7 mai1945)


Noël arrive. Les férus d'histoire contemporaine devraient se faire offrir Breslau – Une forteresse imprenable3. L'historien français et capitaine de réserve diplômé d'état-major Jacques Bressler nous fait revivre avec un sens remarquable de l'objectivité, tant aux niveaux stratégique et tactique qu'à celui du simple participant, le siège de cette ville de Silésie oubliée des bombardements terroristes alliés, qui allait payer cette chance au prix fort de quatre-vingts jours d'enfer. Enfer souvent mortel qui se prolongerait dans les bagnes soviétiques jusqu'en 1956 pour certains remarquables défenseurs d'une forteresse improvisée dans l'urgence.

Bientôt des barques pleines?


La Cour de Justice du Luxembourg a estimé qu'une Roumaine et son fils sans permis de séjour ne pouvaient pas bénéficier des prestations sociales... Ces temps de disette incitent les Français – mais aussi les Anglais, les Allemands et les Italiens – à grogner contre ce «tourisme social», véritable escroquerie au bon cœur qui profite des courants d'air ouverts par les accès d'angélisme des bobos de la «gouvernance» dans les porte-monnaie des «gouvernés». En France, aux dires du député Mariani, l'AME (Aide Médicale d'État) pour les sans-papiers «est en train d'exploser» – ce volet du dispositif d'aide sociale va bientôt atteindre le milliard d'euros. Sur i-Télé (15.11, 11h.25), Eric Zemmour relève que «les juges ont mis le pied dans la préférence nationale» et doute que les politiques français aient le courage de l'appliquer, mais soutient «qu'ils n'auront plus l'excuse de la Cour européenne pour ne pas le faire».

Mort pour 40 grammes de trop

France (barrage de Sivens): une grenade offensive F4 «à effet de souffle» tirée par un gendarme vient se ficher entre le sac à dos d'un manifestant et son épaule. Avec ses 40 grammes de tolite, elle est dix fois moins puissante que la charge de notre HG43, qui peut sectionner un rail, mais suffisante pour causer la mort de Rémi Fraisse, vingt et un ans. On apprend que ces grenades figurent depuis seize ans dans l'arsenal de la gendarmerie mobile pour «casser» toute manifestation qui dégénère4. Fraisse est le second manifestant tué par une telle arme depuis les manifestations de Creys-Malville. Comme le constatait jadis un royaliste, «la république gouverne mal, mais se défend bien». Et c'est, hélas, toujours le cas.

Max l'Impertinent
 

NOTES:

Il fallait «rouler à l'économie» pour résoudre la question du poids du carburant (et régler ainsi le problème crucial du rapport de masse) et éviter des frais de «plein» insupportables.
2 Suisse comprise.
3 256 p., www.editionsjourdan.fr, ISBN: 978–2–87466–356–7, 18,90 € (Prix France TTC).
4 Elles sont interdites depuis le 13 novembre.

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