En direct de Sirius

Autopsie d’un âne

J’ai déjà écrit tout le bien que je ne pensais pas d’«Attaquons-comme-la-lune» et celui que je pensais de Roger Fraenkel . Dix ans plus tard, l’auteur récidive dans un livre encore plus dévastateur et achève de mettre la baudruche à plat en exposant la duplicité d’un Joffre virtuose du camouflage et du faire-savoir et champion du tirage de couverture à soi, héros bricolé de toutes pièces par des procédés d’escrocs, aidé par les compromissions d’un ministère de la guerre défaillant et la servilité d’une cour de brevetés d’état-major. Aux dépens des vrais vainqueurs de la bataille de la Marne – sacrifiés de tous grades, spoliés de leurs mérites à coups de faux et d’usage de faux –, on assiste à l’érection d’une statue de saindoux peinte en bronze. Point par point, le chercheur démonte la vulgate, produit ses preuves et indique où sommeillent celles qu’on se garde bien de rendre accessibles aux amateurs d’exactitude.

Tout vient à point...

Je dois à Robert Spieler (Rivarol n° 3166 du 4 décembre, p. 10) d’avoir pu mettre une identité sur un nom qui évoquait la pierre philosophale. Mais Marcel Bernhardt, le «poilant» Alcanter de Brahm, inventeur du point d’ironie «si indispensable, selon Spieler, aux gens d’esprit», était du XIXe siècle; ou plutôt à cheval sur deux siècles puisqu’il allait devenir en 1935 directeur du musée Carnavalet. Notons que l’on doit aussi à cet écrivain prolifique le terme «arriviste» décerné à Maurice Barrès; «distinction» promise à un bel avenir vu le nombre croissant des nécessiteux. En guise d’invitation à vous procurer cet article, j’emprunterai la conclusion de son auteur, citant Eric Dussert: «[Marcel Bernhardt] est peut-être un des plus célèbres méconnus de la littérature française.» Une telle célébrité se doit d’être découverte!

Talonnettes à ressorts: L’Eternel Retour.

Hollandie – Sous les ors de la chose publique se jouent plus que jamais de médiocres vaudevilles où les pitres se donnent la réplique au rythme des portes qui s’ouvrent ou claquent sur le nez des cocus. Le nain magyar se fait treuiller sur le grand tabouret de l’UMP par tout ce que celle-ci compte de jobards, de mamies émues et de tartufes aussi. Après quoi il apure sa dette personnelle auprès de ce parti qu’il a laissé exsangue, grimpe ensuite à un micro pour clamer qu’il va refaire don de sa petite personne (refrain: pour atténuer son malheur) à cette France qui, (au refrain), l’avait précisément viré à l’issue du précédent match. Ce boniment n’ébranle qu’à moitié son replet successeur, désormais en seconde mi-temps, mais agite beaucoup tous les petits Folleville et autres bourrins de retour de l’actuelle opposition. Entre les assauts de mimis et d’étreintes, on lustre les peaux de bananes. A défaut d’une équipe qui gagne, si l’on conserve les farceurs, il paraît que le parti pourrait changer de nom, et qu’on risque de revoir le viré au Suprême Sommet. Sans doute pour parachever l’œuvre de l’actuel président, lui-même continuateur du remercié! Dans cette «démocrassie», tout change et c’est chaque fois la même chose – même pour l’adage qui veut que, «lorsqu’un Hongrois vous suit dans une porte à tambour, il vous attend déjà de l’autre côté». Le coup de la porte à tambour, le maire de Bordeaux et quelques petits marquis ont pu tout récemment le vérifier. Mais les assujettis de la France d’en-dessous qui s’échinent encore à produire un peu de richesse, las enfin d’être, depuis Giscard, taillés et «corvéés» à l’envi, feraient bien de s’en souvenir aux prochaines élections présidentielles.

Un grand moment d’éloquence

Et pour finir l’année sur une impertinence, voici un extrait fidèle d’une intervention de l’Immortel philosophe Alain Finkielkraut: «C’est ce mouvement-là que-keuh-kon-ki-ki-ki-qui est... donton... dont-on-dit qu’il est la-lah dynamique de la démocratie...». A ma remarque que, même en direct, ce qui se conçoit bien devrait s’exprimer clairement, Madame de la Bastide, amusée, m’explique que cet enchaînement d’onomatopées marque la forme la plus subtile de la réplique française à cet archétype d’expression élégante de toute pensée anglaise distinguée qu’est le débit «oxonian» haché de fausses hésitations. Sur la terrasse où nous conversons, nous subissons alors une brève averse de gravillons. Loin au-dessus de nos nuages, là où tout est bleu et enfin clair, bégayant d’indignation, Démosthène en crachait ses cailloux.

Max l’Impertinent

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