Editorial

Lorsque la loi sur le partenariat enregistré est entrée en vigueur le 1er janvier 2007, il était entendu que les couples homosexuels n’avaient pas le droit d’adopter ni de recourir à l’insémination artificielle. Beaucoup des Suisses qui avaient accepté la loi à l’occasion du référendum de 2005 ne l’auraient pas fait sans ces deux interdictions.

Le Conseil des Etats estime aujourd’hui que les concubins et les couples homosexuels devraient être autorisés à adopter l’enfant de leur partenaire.

Bien entendu, il n’est pas question d’envisager un autre genre d’adoption. Bien entendu, l’autre parent biologique devra donner son accord. Et, bien entendu, le bien de l’enfant est l’élément central de la réforme, puisqu’«il s’agit d’assurer son avenir si les parents naturels venaient à disparaître».

Nous prend-on pour des ânes? Si tel était bien le but de l’opération, ne conviendrait-il pas d’obliger tous les couples avec enfants, qu’ils soient concubins, partenaires enregistrés ou bêtement mariés, à s’adjoindre un adoptant, afin d’éviter que les malheureux orphelins ne tombent dans les mauvaises mains de parrains, de marraines, d’oncles, de tantes ou de grands-parents?

La vérité est que, selon une tactique éprouvée, le législateur, après avoir autorisé l’adoption de l’enfant du partenaire «pour son bien», permettra l’adoption extra-familiale au nom du bien de l’enfant abandonné ou orphelin, pour rendre licites, finalement, l’insémination artificielle et la gestation pour autrui, pour le bien de l’enfant à naître, cela va de soi.

Le bien de l’enfant n’a aucune part dans l’évolution qui se profile. Nous nous trouvons devant  une énorme tromperie et une monstrueuse hypocrisie, parce que les députés n’ont même pas l’élémentaire courage d’avouer qu’ils se soumettent à l’esprit du temps et aux exigences des «minorités opprimées». Nous n’en sommes pas surpris: le mensonge, l’hypocrisie, la démagogie et la veulerie sont inhérents à la démocratie parlementaire. La seule chose qui nous étonne, c’est que nous ayons gardé la faculté de nous en indigner.

Le Conseil national doit encore se prononcer sur la réforme de la loi. Il n’y a aucune raison de supposer qu’il s’y opposera. Restera le référendum…

On vit d’espoir, dit-on. Il est probable que nos jours sont comptés.

Mariette Paschoud

Thèmes associés: Ethique - Jeunesse - Société

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