Il n’y a pas de quoi rire! [Un seul discours et trois avis]

C’est plus fort que moi: quand tout le monde se jette sur un individu pour le désigner à la vindicte ou à la raillerie populaire, j’éprouve le besoin de prendre sa défense.

On s’est beaucoup gaussé sur les réseaux sociaux et dans la presse du discours sur le rire prononcé en français, d’un ton très sérieux et avec un fort accent suisse allemand, par le président de la Confédération Johann Schneider à l’occasion de la journée des malades.

Les médias français, en particulier, s’en sont donné à cœur joie, compensant ainsi la prudence qu’ils observent le plus souvent à l’égard des ridicules de leurs propres hommes politiques et manifestant une fois de plus leur méconnaissance des institutions suisses: certains n’ont-ils pas promu M. Schneider au rang de chef de l’Etat?

Le président de la Confédération n’est peut-être pas un aigle, mais je pense qu’on lui fait un mauvais procès.

Le conseiller fédéral Schneider n’est pas un orateur. Peut-on lui en vouloir? Le français n’est pas sa langue maternelle. Est-il correct de se moquer de son accent? Il ne juge pas utile de se rouler par terre quand il parle du rire. Les journalistes et autres internautes qui le décrient ont-ils coutume de verser des torrents de larmes, de se couvrir la tête de cendres et de s’arracher les cheveux lorsqu’il évoquent des sujets tragiques?

Je prétends par ailleurs que les effets du rire sur la santé constituent un sujet sérieux.

M. P.

Thèmes associés: Facéties - Humeur - Politique fédérale

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