Immigration de masse

«C’est en croyant de cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de bouche qu’on parvient au salut.»
St. Paul,
Epître aux Romains , chap. X, verset 10.

Marine Le Pen a parfaitement raison de refuser un principe de la pratique européenne en matière d’immigration, savoir la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Union. Chaque peuple, dès lors qu’il est souverain, doit rester maître de l’immigration, surtout lorsque celle-ci est massive et de surcroît musulmane. Mais là encore, le droit international paralyse l’exercice normal des souverainetés étatiques, puisque la Charte des Nations Unies proscrit toute discrimination de race, de langue ou de religion. C’est un prétexte, on le sait, à l’établissement de lois scandaleuses sur le prétendu «mariage» homosexuel, les manipulations génétiques, sans oublier la décriminalisation de l’avortement. En entrant dans les Nations Unies, la Suisse a donc porté une atteinte grave à sa propre souveraineté, et l’on sait quelle politique d’équilibriste pratique le Conseil fédéral en la matière pour ne pas heurter de front les instances européennes, ceci quand bien même l’Union européenne n’est pas un Etat et que notre pays ne fait pas partie de cette Union. On peut, à ce propos, parler d’anarchie par le droit: celle-ci est voulue par toutes  les autorités internationales, et lâchement admise par une classe politique suisse largement acquise à la cause anti-souverainiste.

Cependant, pour bien comprendre la gravité de ce phénomène, à long terme, et donner un surcroît de sens à des réactions populaires souvent insuffisamment éclairées mais très sensibles aux torts causés effectivement aux peuples, dont les nôtres en Suisse, force est de dépasser le niveau politique et d’aborder la question de l’immigration de masse actuelle sous l’angle spirituel. N’ayons pas peur des mots: ce problème est lié, qu’on le veuille ou non, à un mal caché de l’Occident: son athéisme public légalisé.

L’Eglise, en effet, enseigne ceci par la voix de Léon XIII: «Les hommes, (…) unis par les liens d’une société commune, ne dépendent pas moins de Dieu que pris isolément; autant au moins que l’individu, la société doit rendre grâce à Dieu. (…) Quant à décider quelle religion est la vraie, cela n’est pas difficile à quiconque voudra en juger avec prudence et sincérité.»1 Dans une lettre encyclique antérieure sur la secte des francs­maçons, le même Souverain Pontife donnait  ces précisions: «(…) La grande erreur du temps présent (…) consiste à reléguer au rang des choses indifférentes le souci de la religion, et à mettre sur le pied de l’égalité toutes les formes religieuses. Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toutes les religions, et particulièrement la religion catholique, car, étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées.»2 Il n’est donc pas contestable que le droit moderne, tant national qu’international, et même cantonal (pour le Valais en tout cas), est athée dans la mesure où il ne traite jamais la vraie religion, et donc Dieu, comme il le doit. Cette faute est extrêmement grave. Les chrétiens, clercs et laïcs, ne la dénoncent même plus, quand ils la connaissent!...

Là est la gravité du mal en Occident. Nous prétendons être chrétiens et nous nous imaginons que nous n’avons pas l’obligation de proclamer notre foi, si odieusement mise en cause. Car elle l’est, et par des Etats où les chrétiens sont encore majoritaires. L’offense à Dieu est évidente. «(…) Sans une telle profession [de foi], nous révoquons tacitement ce que nous avons dit par le ministère de ceux qui nous ont prêté leur voix [à notre baptême] pour nous faire entendre; nous les démentons, et nous nous démentons nous-mêmes. Du moins nous rendons notre foi suspecte, et nous faisons cette injure à la religion où l’Eglise nous a associés et incorporés, de ne plus oser prendre son parti ni lui marquer notre attachement dès que notre raison développée peut en discerner la vérité, et que nous nous trouvons en état de l’honorer par notre propre témoignage. (…) Car, dit Saint Chrysostome, il ne faut pas seulement réputer pour traître à sa religion celui qui l’abandonne ouvertement en appuyant le mensonge, mais celui qui ne la confesse pas hautement en soutenant la vérité.»3

Le lien avec l’actuelle immigration de masse, sciemment non maîtrisée, me paraît évident. L’athéisme du droit moderne séculier poursuit sa marche en avant jusqu’à vouloir détruire toute trace de christianisme en Europe, au besoin en prenant appui sur l’islam. Celui-ci est en quelque sorte la vengeance de Dieu. L’histoire en a connu d’autres: la destruction, par les Romains païens, du royaume d’Israël quarante ans après le déicide et les invasions barbares à la suite des persécutions des chrétiens par la Rome païenne.

Michel de Preux

 

1 Léon XIII, encyclique Immortale Dei du 1er novembre 1885.

2 Léon XIII, encyclique Humanum Genus du 20 avril 1884.

3 Bourdaloue, sermon pour le XXe dimanche après la Pentecôte.

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