Eglise moderniste

J’ai récemment eu un moment d’extase devant un article sur ProtestInfo1, qui faisait étalage d’une réflexion théologique de premier ordre. J’en donne les meilleurs morceaux.

L’UDC – des méchants – affirment que l’Eglise est gauchisante. Or, chacun sait que l’Eglise a nécessairement raison puisqu’elle est la gardienne de la foi chrétienne. La religion se pervertit seulement quand des individus – malgré les protestations énergiques des croyants, des vrais donc – en font un critère d’identité nationale et de rejet, ce que fait l’UDC. Vilains! Puis, on nous rappelle que le Christ a promu l’hospitalité – aspect incontestable de la Bible, mais repris depuis lors par la bible du socialisme. Seuls les chrétiens – pas les musulmans, ni les athées – peuvent menacer le christianisme en renonçant à son héritage.

Mon sentiment est que l’auteur sépare deux catégories de personnes: les croyants, qui seraient donc opposés à toute forme de discrimination, et les autres. Cela reviendrait à dire que les membres de l’UDC qui sont croyants ne font pas vraiment partie de l’Eglise. C’est une forme d’excommunication morale basée sur le rejet de leur foi, de discrimination. Mais – quelle surprise! – n’est-ce pas là le travers qu’il reproche aux infâmes UDC?

Quant à la Bible, le Christ parle d’hospitalité, c’est indéniable. Cependant, cela implique l’accueil d’une personne selon les moyens dont on dispose. En même temps, on attend de l’invité qu’il respecte son hôte, ses us et coutumes. Deux choses sont attendues: que l’hôte offre le gîte et le couvert gracieusement et que l’étranger soit reconnaissant de ce qu’il a, quand bien même le menu et le logis ne seraient pas à son goût. Qu’il ait eu le choix ou non est indifférent dans cette affaire. Et il y a un deuxième aspect qui est systématiquement omis: le Christ parle d’individus qui agissent pour d’autres individus. Ainsi, ce n’est pas une masse qui en accueille une autre. Accueillir une pléthore de musulmans qui revendiquent qu’on s’adapte à eux n’est pas le message du Christ.

Néanmoins, l’islam ne ferait pas figure d’invité en Suisse, selon l’article: il y a des musulmans suisses. L’islam appartient donc de fait à la Suisse, qu’on le veuille ou non, et la seule question qu’il convient de se poser, c’est: «Comment va-t-on vivre ensemble le mieux possible?». Avec un pareil raisonnement, il devient aisé de justifier n’importe quoi. Des individus éhontés et malintentionnés pourraient se permettre des comparaisons déplacées. Ils pourraient même en arriver à dire que le crime fait partie de la Suisse, puisqu’il y a des criminels suisses, et qu’il faut s’en accommoder. C’est dire combien cet argument est absurde!

Cet article me conforte dans mon opinion que l’Eglise perd son âme en se refusant à baser son enseignement sur la Bible, même si cela implique, le cas échéant, une vision qualifiée par les progressistes de rétrograde, voire de moyenâgeuse. L’inspiration n’est de loin pas l’apanage du monde postmoderne.  Au moyen âge, il y avait déjà des gens inspirés, tout comme dans l’Antiquité. On veut déconsidérer les anciennes interprétations – les interprétations traditionnelles, donc – au profit de la modernité, à tout prix, pour mieux justifier les droits de l’homme, par exemple.

L’auteur dit pour conclure que les chrétiens détruisent la religion en se séparant de son héritage et c’est le seul point sur lequel je donne mon assentiment. La Réforme est née d’un esprit critique quant aux institutions en place et de la volonté de toujours se réformer. Le manque de recul de l’Eglise actuelle montre que l’esprit de la Réforme n’est plus.

Barberousse

 

[1] http://protestinfo.ch/201611308220/8220-valeurs-chretiennes-et-identite-suisse-attention-danger.html.

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