Triste combat

Les féministes sont de vaillantes combattantes, quelque peu hargneuses et susceptibles. Mais qui ne le serait pas après des siècles d’esclavage, de rabaissement et d’humiliations? Elles ont dû rappeler à leur père et époux leur statut d’adulte: droit de vote pour tous et toutes!

Evidemment, ces dames prônent de ne plus différencier les individus selon leur genre – avec exceptions dans le domaine biologique. Mais comment obtenir cette égalité sans s’unir selon ce même critère? Malgré leur conviction, c’est en tant que sexe qu’elles ont dû s’organiser. Les féministes souffrent de ce paradoxe mais la justice doit primer avant tout.

Après moult glorieuses batailles contre les fondations d’un patriarcat oppresseur, elles ont obtenu quelques droits, mais pas assez pour se sentir respectées. La lutte des genres continue!

Citons quelques victoires: une fiction juridique qui leur permet de penser qu’elles ont fait seules l’enfant. La suite logique est évidemment qu’un homme ne saurait être consulté sur un éventuel avortement. Quel droit aurait-il sur le corps d’une femme? L’embryon n’est considéré – autre victoire féministe – que comme une partie de la mère. Elle n’a pas besoin de consulter un homme pour aller chez le dentiste, pourquoi devrait-elle le faire pour avorter? La décision revient uniquement à la femme.

Ainsi que tant d’autres religions, le féminisme comporte des mystères. Par quelle magie, après neuf mois, un virus devient-il un être humain? Comment se fait-il que les gènes d’un homme se retrouvent dans un nouveau-né? Le père n’a certes rien à voir avec le virus jusqu’à sa transformation en être humain, mais quel rôle doit-il jouer ensuite? Les prêtresses nous expliqueront sans doute qu’il a pollué la mère et qu’il devra sacrifier chaque mois une somme d’argent en signe de repentance. Selon les envies de la mère, il pourra être autorisé à s’approcher de l’enfant.

Ce combat des femmes pour garder le contrôle de leur corps est absurde. Non, il n’y a pas de mystères. Madame avait un mari, un amant ou un coup d’un soir et a pris le risque d’être fécondée – rien ne protège à 100%. Monsieur a pris les mêmes risques, bien qu’il ne doive pas porter physiquement l’enfant pendant neuf mois. Et, s’il est pusillanime, il pourra fuir la mère qui a seule décidé de garder l’enfant, mais pas la facture que pourrait lui imposer un tribunal.

Il est choquant que les féministes demandent l’égalité tout en réclamant le privilège de disposer de la vie d’un être sous prétexte qu’il loge dans le ventre de la femme. Ce n’est plus son seul corps. Le père a contribué pour moitié! L’équité voudrait que Monsieur puisse s’opposer à un avortement devant un tribunal et qu’il ne reçoive pas de facture s’il ne veut point d’enfant, alors qu’actuellement la femme peut imposer à un homme d’avoir un enfant non voulu et une facture, ou le priver de sa descendance.

J’ai une meilleure idée: reconnaître que l’enfant existe par lui-même, qu’il ne s’apparente pas à une maladie. Ainsi, les deux parents devraient assumer le résultat de leurs pulsions sexuelles et l’avortement ne serait autorisé qu’en cas de danger de mort pour la mère.

Alcibiade

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Ethique - Société

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