Divergences

Le ministre des affaires étrangères turc Mevlüt Cavusoglu avait l’intention de rencontrer, le dimanche 12 mars à Zurich, la communauté turque de Suisse. Le canton de Zurich ne voulait pas de ce meeting, l’Hôtel Hilton qui devait l’abriter n’en voulait pas non plus, pour des raisons de sécurité. La Confédération a refusé d’annuler la visite du ministre controversé, au nom de la liberté d’expression.

Il me souvient que le 18 janvier 1973, alors que le Pamphlet s’apprêtait à décerner en grande pompe le prix Cornichon au conseiller fédéral Rudolf Gnägi pour l’ensemble de son œuvre, la Confédération avait envoyé à Lausanne des membres de la police fédérale. Ces braves agents de la sécurité du pays étaient chargés d’obtenir du Lausanne Palace, où devait se dérouler la cérémonie, qu’il annulât cette dernière. La démarche fut vaine: menacé par notre juriste d’une demande de dommages et intérêts, le directeur du Palace, qui avait obtempéré dans un premier temps, envoya finalement promener la Confédération. La liberté d’expression était sauvée de justesse, mais pas par la vertu du Conseil fédéral.

Il faut reconnaître qu’une blague d’impertinents représentait pour la Suisse un péril bien plus grand que le rassemblement prévu par M. Mevlüt Cavusoglu à Zurich en vue de convaincre ses compatriotes de voter pour le renforcement de la dictature turque.

M. P.

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