Une bonne semaine

Mardi: opération Papyrus à Genève

Selon l’autorité fédérale, il y aurait en Suisse septante-six mille clandestins, dont treize mille à Genève. On se demande qui a eu l’audace de publier de tels chiffres et d’où on les tire. Actifs dans l’économie domestique, l’hôtellerie et la construction, ils viennent surtout d’Amérique latine et des Balkans, des Philippines ou de Mongolie, nous dit 20 minutes du 7 mars, page 3.

L’opération Papyrus, cette régularisation massive quoique individuelle de sans-papiers genevois, suppose tout de même que le clandestin puisse prouver un séjour d’au moins cinq ans (avec enfants scolarisés) ou dix ans, un emploi, une absence de délits et de recours à l’aide sociale.  On ne précise pas si l’intéressé et son (ou ses) employeur(s) pourront bénéficier d’une amnistie pour le temps de l’illégalité.

Le député Jean-Michel Dolivo a proposé au Grand Conseil vaudois de mettre sur pied un programme semblable, mais la droite s’y est opposée, on se demande pourquoi. La bonne bourgeoisie libérale aurait-elle peur que la bonne équatorienne apparaisse au grand jour et rate sa régularisation?

Mercredi: journée de la femme

La journée de la femme, le 8 mars dernier, a suscité quelques productions intéressantes, parmi lesquelles l’édition d’un numéro spécial de Migros Magazine, et une avalanche d’interventions débiles, notamment sur les ondes de la RTS, où la bécasse de service soutenait que les acquis sociaux essentiels étaient en danger si l’âge de la retraite était porté uniformément à soixante-cinq ans pour les femmes comme pour les hommes.

Sans doute l’égalité proclamée par l’article 8 de la Constitution fédérale peut-elle être interprétée de plusieurs manières. L’une d’elles, c’est la plus simple, consiste à verser la rente de l’AVS à soixante-cinq ans (ou à soixante-sept ou soixante-huit) à tout le monde. J’en propose une autre: sachant que, selon les dernières statistiques suisses disponibles, l’espérance de vie est de 81,3 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes, considérant d’autre part que la rente de l’AVS a pour but de permettre au travailleur de vivre après la fin de son activité professionnelle jusqu’à sa mort, on voit bien que si ce temps doit être statistiquement égal, les femmes ne devraient toucher la rente que quatre ans après les hommes. Bien entendu, le taux de leurs cotisations devrait être adapté à la baisse pendant leur vie active, qui serait donc de quatre ans plus longue.

Quand bien même mon raisonnement me paraît frappé au coin du bon sens, je doute qu’il obtienne un franc succès populaire dans les milieux féministes.

Mercredi: huitièmes de finale de la Champions League

Extraordinaire exploit du Barça, battu 4-0 au match aller, qui s’est imposé 6-1 lors du match retour au Camp Nou de Barcelone contre le Paris-Saint-Germain. Pour une fois que les Français ont dû fermer leur grande g…, cette victoire des Catalans a illuminé ma semaine.

Jeudi: Billag perd le mandat

La redevance radio-TV ne sera plus perçue par Billag. Dès 2019, c’est la société Serafe qui la prélèvera auprès des ménages. Cette dernière demande 123 millions pour la durée de son mandat de sept ans, soit 17,6 millions par an. Billag touche 54 millions par an.

On espère que cette facture divisée par trois permettra la diminution de la redevance, en plus de la restitution de la TVA prélevée sans droit. C’est bien triste pour le canton de Fribourg qui va perdre une centaine d’emplois, mais l’arrogance de Billag m’irritait depuis longtemps.

Au final, une bonne semaine!

C. P.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Immigration - Médias - Politique fédérale - Société - Sports

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