Réarmer la raison

Nos lecteurs se souviennent peut-être – du moins on veut l’espérer – de la Lettre ouverte adressée le 23 novembre 2015 par Michel de Rougemont, docteur ès sciences techniques et consultant indépendant, aux parlementaires fédéraux nouvellement élus ou réélus, publiée dans le Pamphlet no 450 de décembre 2015. Intitulée La politique climatique de la Suisse fait fausse route, cette missive s’en prenait à l’alignement des autorités fédérales sur les seules recommandations du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), dont la fiabilité est pour le moins sujette à caution.

Dans un récent essai, Michel de Rougemont, qui ajoute à ses titres celui de membre fondateur du Pamphlet, sort une nouvelle fois des sentiers battus dans toute une série de domaines liés à l’écologie – et non pas à l’écologisme –, ainsi que l’indique déjà le titre du livre: Réarmer la raison – De l’écologie raisonnée à l’écologie raisonnable1.

Fondé sur des démonstrations scientifiques assorties de calculs et de graphiques, mais aussi, bien sûr, sur la réflexion, ce livre n’est pas un écrit polémique, mais un appel au bon sens. Très bien articulé, il détruit au fil des chapitres un certain nombre de dogmes idéologiques imposés, notamment, par des agences onusiennes et des ONG relayées par la presse et les politiques. Qu’il s’agisse, par exemple et en vrac, du climat, des OGM, des énergies fossiles ou de la culture bio, Michel de Rougemont, sans nier les problèmes, démontre qu’on peint sans cesse le diable sur la muraille. Il rappelle aussi, chose qu’on n’entend pas souvent, l’inanité de l’aide au développement dans des pays rongés par la négligence, la corruption et la violence. Enfin, il préconise qu’on cesse de vouloir tout régler pour les générations futures. Optimiste, il est d’avis que celles-ci, tout aussi malignes que les précédentes, trouveront elles-mêmes les solutions aux problèmes qui se poseront à elles.

Je me rends compte que le présent article n’est pas vraiment une austère et rigoureuse critique de livre. J’ai parlé, sans ordre et de manière non exhaustive, des choses qui m’ont plu ou m’ont frappée, sans me préoccuper de l’espace plus ou moins important qu’elles occupent dans l’ouvrage. J’ai simplement essayé de transmettre le plaisir que j’ai eu à prendre un bain d’iconoclastie.

Même si on rencontre ici ou là dans le texte quelques fautes d’accord ou quelques maladresses de style, même si certains tableaux requièrent l’usage d’une loupe pour les personnes dont la vue baisse, je ne saurais assez vous encourager à lire cet ouvrage original, d’où l’humour n’est pas absent2.

M. P.

 

1 Edité par Michel de Rougemeont Entreprise Consulting, Kaiseraugst, 2017.

2 A titre indicatif, on le paie une vingtaine d’euros plus les frais d’expédition chez Amazon.

Thèmes associés: Divers - Environnement - Notes de lecture - Politiques diverses

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