Droits humains bafoués

Le dénommé Nils Melzer, expert en droit international de quarante-sept ans et ancien conseiller en politique de sécurité au Département fédéral des affaires étrangères, est depuis quelques mois rapporteur spécial contre la torture pour le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Il paraît qu’il s’agit d’un poste prestigieux. Moi, je veux bien. Il semble aussi que cette activité soit bénévole. Allons, tant mieux!

Apparemment, le dénommé Nils Melzer n’avait vu que le prestige et s’attendait à ce que la Confédération le rémunère. Or, à ce qu’on nous explique, la Suisse ne finance pas les mandats de l’ONU. Quelle incorrection!

Du coup, un communiqué SMK/NXP, repris par mon quotidien gratuit habituel le 16 mars, fait remarquer avec une rare pertinence: «La Suisse affirme haut et fort qu’elle lutte de toutes ses forces pour les droits humains. Mais parfois, elle se prend les pieds dans le tapis (…)». Et de citer le cas du malheureux Nils Melzer.

Pour faire bon poids, le titreur de 20 minutes gratifie les lecteurs d’un intitulé propre à leur arracher des torrents de larmes: Rapporteur à l’ONU, chômeur en Suisse.

L’ennui, c’est que ce personnage si fort à plaindre n’est pas chômeur, puisqu’il touche un salaire annuel de 120'000 francs plutôt confortable – mais qu’il juge minable –, pour un emploi à temps partiel à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains de Genève.

Que c’est beau le dévouement à la cause des droits de l’homme! (mp)

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