Le non-sens triomphe

«Ce n’est pas de vivre selon la science qui procure le bonheur; mais de posséder la seule science du bien et du mal.»

Platon

Le slogan a remplacé la pensée et celle-ci, dans la vie publique de nos sociétés modernes, est pratiquement bannie. Nos libertés ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, elles ont le masque trompeur d’un asservissement de l’esprit progressif et généralisé.

Exemples: le Parlement européen, il y a trois ans, a adopté une directive dite «Bolkenstein», aux termes de laquelle une entreprise est, en matière de salaire et de protection sociale, soumise aux lois du pays où elle a son siège et non à celles du pays où travaillent ses employés. Ainsi, la supranationalité européenne détruit sciemment, à travers la souveraineté des Etats membres de cette Union, leurs propres devoirs de protection sociale et de garantie d’égalité de traitement devant la loi! Au nom du droit, on soumet l’homme et les Etats eux-mêmes à l’arbitraire! Or l’arbitraire est la négation même du droit.

Faisons-nous mieux en Suisse? Notre pays est censé être une confédération d’Etats. Qu’est-ce que la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) sinon une loi fédérale qui, en violation flagrante de la structure de cette confédération, légifère sur l’aménagement des territoires des cantons, autrement dit, nie leur statut d’Etats! Un Etat perd sa qualité d’Etat lorsqu’il ne devient qu’une circonscription administrative et qu’il n’est plus habilité à légiférer sur l’aménagement de son propre territoire. Ce genre de loi témoigne d’une méconnaissance grave de la structure essentielle d’une confédération.

Venons-en à la fameuse liberté religieuse. Si la  religion est affaire d’opinion, il n’y a tout simplement pas de Dieu, car chacun est maître de ses opinions. Il est donc parfaitement contradictoire et absurde de penser qu’un Dieu créateur, de qui nous tenons l’être, ainsi que tout l’univers, puisse en quoi que ce soit dépendre de l’opinion qu’on puisse en avoir, a fortiori lorsqu’Il se révèle! J’entends bien que ceux qui débattent de cette question estiment par là protéger la paix sociale. Mais de quelle paix s’agit-il si la vérité en est a priori bannie? Ce prétendu bon sens cache une vraie folie.

Léon XIII nous le rappelle: «Les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère ou inutile, ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir. En honorant la divinité, elles doivent suivre strictement les règles et le mode suivant lesquels Dieu lui-même a déclaré vouloir être honoré.»1

A cet égard, le Front national, par son admission du mariage pour tous est un parti authentiquement révolutionnaire, bien qu’il le dissimule par son nationalisme.

Michel de Preux

 

1 Immortale Dei, 1er novembre 1885.

Thèmes associés: Politique fédérale - Politique française - Religion

Cet article a été vu 1473 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions