Editorial

Le 26 mai tombait l’effroyable nouvelle1, reprise le lendemain par toute la presse vaudoise: des catholiques traditionalistes utilisaient la chapelle œcuménique du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) le 13 de chaque mois à 19h.30 pour prier, afin de «réparer les crimes de l’avortement». Pire: cet abus inqualifiable durait depuis une dizaine d’années et personne n’y avait rien vu. Sans doute ces dangereux criminels portaient-ils perruque blonde et collet noir pour mieux dissimuler – avec succès – leurs noirs desseins.

Mais qu’on se rassure: la chapelle œcuménique ouverte tous les jours vingt-quatre heures sur vingt-quatre est désormais fermée le 13 du mois entre 19h.30 et 20h. En effet, selon Pierre-François Leyvraz, directeur du CHUV, «l’avortement est un droit. En tant que service de l’Etat, nous défendons la loi et ne voulons pas du prosélytisme dans nos locaux». Cette opinion est partagée par le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat jusqu’au 1er juillet et chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS).

En prononçant cette interdiction, les autorités responsables du CHUV se sont déshonorées. Elles se sont aussi couvertes de ridicule en étalant non seulement leur sectarisme, mais aussi et surtout leur sottise: qu’est-ce qui empêchera les défenseurs du respect de la vie dès la conception de continuer à se réunir discrètement dans la chapelle du CHUV à un autre moment que le 13 du mois à 19h.30? Qu’est-ce qui les empêchera d’y prononcer silencieusement leurs prières en faveur des centaines d’enfants assassinés légalement par l’hôpital au nom du droit à l’avortement si cher à MM. Maillard et Leyvraz? Va-t-on mettre sous surveillance policière tous les catholiques traditionalistes du canton? Va-t-on obliger toute personne qui pénètre dans la chapelle à prouver que ses pensées et ses prières sont conformes aux opinions et convictions du conseiller d’Etat socialiste et du directeur du CHUV? Comment va-t-on s’y prendre? Qui va scanner les cerveaux et sonder les âmes?

Faut-il rappeler à MM. Maillard et Leyvraz qu’aucune loi n’interdit, pour l’instant, de manifester son désaccord avec une loi? Que contester la pertinence d’une loi ne revient pas encore à violer ladite loi? Que prier en toute discrétion pendant dix ans ne saurait être assimilé à du prosélytisme?

Une fois de plus, de grands démocrates se comportent comme de parfaits dictateurs.

Le Pamphlet

 

1 https://www.letemps.ch/suisse/2017/05/26/chuv-integristes-decone-prient-contre-lavortement.

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