Eglise dans notre temps

Vivement une Eglise modulable, où chacun viendra prendre ce qu’il veut, une Eglise à la rencontre des autres, qu’ils soient athées, déistes, musulmans, païens ou possédés par le démon.

En lisant le numéro 6 de Réformés, on a un peu l’impression que l’Eglise, dont les finances ne sont pas mirobolantes, vient de se faire racheter par des investisseurs chinois qui se demandent comment vendre le produit Eglise. On sent qu’ils cherchent comment mieux le présenter. On refait l’emballage. «Vivons l’Eglise hors de l’église», «Sortons du carcan traditionnel», «Innovons», telles sont les idées qui ressortent.

On ne sait pas à quoi ressemblera le nouvel emballage, mais qu’est-ce qu’on nous propose d’acheter, au fond? Nous pourrions imaginer l’air interdit de l’attaché de presse face à cette question: «Mince, on ne vend pas seulement une boîte, mais aussi du contenu?»

Une réunion de brainstorming arrivera à la conclusion qu’investir pour une foi profondément ancrée, durable et qui puisse se transmettre coûterait trop cher. En plus, les gens aiment consommer, alors il faut que l’objet se casse rapidement pour qu’on puisse en vendre un autre. Imaginez, si on pouvait le transmettre tel quel: plus de ventes. Quel intérêt? Donc, il faut multiplier les initiatives individuelles qui seraient vouées à être éphémères, donnant le besoin de toujours recommencer. Quel beau dynamisme quand même! Une machine bien huilée qui propose de nouveaux produits régulièrement, dont on pourra rapidement se lasser; une machine qui produira pour chaque groupe – les jeunes, les vieux, les sportifs, etc. –, mais nullement pour la communauté – tous les fidèles à la fois.

Quels pourraient être les slogans? Florilège de jeux de mots et d’imitations d’autres publicités ou slogans de propagande: «Une Eglise d’enfer», «I want you for Jesus Army», «Contre la crise de foi, ton Eglise», «Nouvelle Eglise tout en un!», «EERV1 et ça repart», «EERV répare, EERV remplace», «C’est beau l’Eglise, pour les grands et les petits», «EERV, parce que je le vaud bien».

Le seul slogan qu’ils oublieront sera sûrement «EERV, en avant les histoires», car le chef de la communication préférera certainement mettre de côté toutes les histoires que l’EERV a et aura probablement, vu la direction qui semble vouloir être prise.

Barberousse

 

1 Au cas où vous ne le sauriez pas, EERV signifie Eglise évangélique réformée du canton de Vaud.

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