Idiots utiles

Un auteur a écrit qu’on ne rendait guère service à la plupart des gens en faisant trop de cas d’eux. C’est incontestablement vrai pour ces personnes que l’Evangile qualifie d’insensées, les athées! En effet, ne pas croire en Dieu n’est pas d’abord une erreur contre la foi, mais bien contre la raison. Et l’on ferait bien de s’en souvenir quand la presse fait état de croix sciées sur nos montagnes ou de crucifix décrochés de nos chambres d’hôpitaux par des incroyants militants. Ces derniers ont leurs approbateurs. Peu importe. Ces approbateurs n’ajoutent  pas une once de raison à leurs motivations.

Mais ces actes de malveillance publique ou privée ne viennent pas par hasard en Occident. L’agnosticisme public de nos sociétés les encourage. Quand on décide – arbitrairement cela va de soi – que toute croyance est respectable dès qu’il s’agit de religion, faut-il s’attendre à autre chose qu’à un progrès du mépris envers toute religion? Déjà au IVème siècle, saint Jean Chrysostome écrivait ceci dans sa première lettre sur les juifs: «Si le judaïsme est vénérable et saint, le christianisme est faux; si  le christianisme  est vrai, comme il l’est en effet, le judaïsme n’est qu’une indigne supercherie.» On ne peut estimer le pluralisme religieux, surtout chez les monothéistes, qui tous se réclament d’une révélation divine à l’origine de leur religion, qu’à la condition, systématiquement passée sous silence, de mépriser la révélation divine elle-même et, en fin de compte, Dieu en personne, car  un Dieu qui se rendrait coupable de contradictions dans ses révélations successives ne serait pas Dieu, mais bien le diable!

Les athées abusent de la situation actuelle en Occident, car ils saisissent parfaitement la faiblesse de toute croyance religieuse tolérant contre elle-même d’autres croyances et acceptant qu’elles soient toutes soumises à un même statut juridique dans la  société civile.

L’argument que l’on oppose à ces considérations, nous le connaissons: les guerres de religions et  les persécutions de dissidences religieuses. Il faut, certes, rester serein et admettre un principe de base essentiel et absolument universel en matière de croyance religieuse: la libre adhésion est ce principe absolu et universel. Dieu ne peut être honoré par l’homme que si ce dernier est libre de le faire.

Cela dit et dûment rappelé, l’autorité sociale et le sérieux d’une croyance religieuse  peuvent  parfaitement être analysés scientifiquement, ses incohérences dénoncées et les attaques contre elle objectivement infondées justement réprimées. Il n’y a là aucun arbitraire, aucun sectarisme.  En effet,  la croyance religieuse ne saurait avoir sans injure le statut d’opinion. Celle-ci, en effet, peut être arbitraire, fantaisiste ou même délirante, ce qui ne saurait être le cas d’une croyance religieuse.

Je m’en tiendrai, dans ce propos, à ces principes généraux. Une religion est incontestablement fausse si l’on peut démontrer des contradictions ou des aberrations dans ses écrits fondateurs. Nous  y reviendrons à propos des actes de terrorisme que subit l’Occident en rapport avec 1’islam.

Une religion qui prétend à la véracité, même exclusive, n’esquive aucune critique, mais triomphe de toute objection raisonnable et rationnelle. Il y va de la respectabilité de l’homme dans ce qui constitue le fondement de sa conscience droite.

Michel de Preux

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