Il n’y a pas de femmes de petite vertu, seulement des femmes libérées

Nos ancêtres n’étaient pas des anges à la sexualité réfrénée, ne pratiquant cette activité que pour la reproduction. C’en est fini de cette hypocrisie: aujourd’hui, le sexe se pratique au grand jour, sinon littéralement sur la place publique. Tout a été sexualisé! La publicité, la télévision, la littérature. Le sexe est au centre de nos intérêts.

Malheureusement, certains arriérés ne l’entendent pas de cette oreille! Il faudrait se réfréner et laisser les détails dans la chambre à coucher. Quelle idée! On fait plus de progrès en partageant les expériences, voire les partenaires! Et ne sont-ce pas des tartuffes qui jugeront sévèrement le malheureux politicien qui aura eu l’audace de faire une erreur, d’avoir une aventure? Où disparaît leur fameux pardon chrétien?

La construction sociale dans laquelle nous vivons est l’œuvre d’un patriarcat qui n’a de bienveillant que le nom. De quel droit veut-on obliger une femme à se couvrir dans la rue, alors qu’on veut lui refuser la burka? Pourquoi devrait-elle se montrer plus pudique que les affiches publicitaires? Pourquoi ne pas lui laisser le choix? Les temps ont changé, mais ces vieux réactionnaires s’accrochent à leurs idées toutes faites de pudeur, de bienséance et de femme-objet. Ils enferment la femme dans un rôle de soumission sexuelle, tout en lui interdisant de pratiquer, de choisir son partenaire. Nous arrivons à un paradoxe: pour se libérer, le sexe est un moteur important, mais les fachos en profitent pour abaisser encore plus la femme! En affirmant son indépendance, celle-ci devient une marie-couche-toi-là prisonnière de ses pulsions, il faudrait l’éduquer!

Ce sont sûrement des propos que pourraient tenir des féministes actuelles. Pour certaines, la femme doit être libre de son corps – c’est normal – mais aussi des conséquences – c’est discutable.

On peut construire et déconstruire à volonté la société mais les individus seront toujours jugés sur leurs actes connus. L’intelligence a pour première fonction de juger et elle ne s’exerce que sur les informations obtenues.

Une femme qui a beaucoup de partenaires sexuels est jugée facile. On pourrait raisonnablement estimer qu’un homme devrait aussi faire preuve de retenue. Toutefois, même les féministes peuvent être timides et celles-là contribuent à enfermer l’homme dans le rôle du séducteur. C’est à lui de faire le premier pas, de faire l’effort de séduction. Il a réussi là où la femme est souvent restée passive. Il n’y a donc pas d’égalité dans le processus qui mène à la chambre à coucher; pourquoi les conséquences seraient-elles exactement les mêmes?

Au final, même s’il faudrait aussi condamner la concupiscence des mâles, il n’y a aucune raison de laisser des comportements frivoles et décadents à l’abri de la critique s’ils sont le fait d’une femme, quand bien même on la traitait autrefois plus sévèrement que nécessaire. On ne peut pas exhorter à la morale en tolérant toutes les déviances sous prétexte de libertés individuelles. Les gauchistes l’ont très bien compris: celui qui fait une économie d’impôt se ferait huer pour peu que son identité soit révélée, le plus petit soupçon d’homophobie serait condamnable pénalement si les vils réactionnaires ne bloquaient pas le processus législatif…

Toute communauté tend vers une certaine uniformisation des mœurs pour que celles-ci soient acceptées et acceptables par l’ensemble. La société ferait preuve de plus d’intelligence en tendant vers la tempérance plutôt que vers le libertinage général.

Alcibiade

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