Véganes en péril

Deux militants antispécistes ont déposé récemment des recours contre la Suisse auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), au motif, pour l’un, qu’on ne sert pas de repas végétaliens à la prison de Champ-Dollon et, pour l’autre, que l’hôpital psychiatrique de Cery a pris plusieurs fois des libertés avec le véganisme dans la composition de ses repas1.

Par pure charité chrétienne, nous partirons de l’idée que ces deux messieurs n’auraient pas dû se trouver en prison ou en traitement psychiatrique.

Cela ne change rien à la question qui se pose: manger végétalien est-il un droit de l’homme? Plus largement, manger ce qu’on veut où on veut est-il un droit de l’homme?

Je suis portée à considérer que le seul droit de l’homme en matière de nourriture est de manger ce qu’il veut à condition d’avoir acheté la marchandise et préparé le repas lui-même. Si tel n’est pas le cas, il mange ce qu’il y a sur la table et il dit merci, parce qu’il y a des endroits où le manque de nourriture rend, par contraste, indécentes pour ne pas dire grotesques – sauf cas médical, évidemment – les revendications alimentaires, en particulier antispécistes.

Mais il y a fort à parier que la CEDH, toujours à l’écoute des minorités opprimées, donnera raison aux victimes des cuisines carcérales et hospitalières.

M. P.

 

1 https://www.20min.ch/fr/story/pas-de-plat-vegane-a-lhopital-il-reclame-10000-fr-a-la-suisse-pour-tort-moral-871852299963

Thèmes associés: Coups de griffe - Egalité, discriminations - Justice

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