Désobéissance civile, violence légitime: pour toutes et tous!

PolluxLe Pamphlet n° 520 Décembre 2022

Parmi les nombreux désordres qui se répandent dans notre société, nous voyons chaque jour des escouades de militants écologistes fanatisés bloquer des routes et immobiliser des centaines d’automobilistes. Ces scénarios sont toujours soigneusement organisés, avec quelques jeunes en gilet orange, chargés de faire le spectacle, et d’autres plus discrets qui sont là pour filmer et inonder les réseaux sociaux – tout en fliquant les passants qui seraient tentés de réagir de manière trop expéditive. Les conducteurs furieux apostrophent et houspillent les figurants qui se traînent au sol tels des larves orange; ils tentent de les tirer de force sur le bas-côté, ce qui n’empêche pas la masse visqueuse de se reformer aussitôt en mimant la non-violence. En revanche, personne ne s’avise jamais de neutraliser les adversaires les plus importants: ceux qui filment. C’est pourtant par eux qu’il faudrait commencer.

La variante «artistique» de ces spectacles idéologiques – celle où de jeunes militants lancent de la sauce tomate sur des œuvres d’art – semble en revanche avoir fait long feu, tant elle est apparue ridicule et absurde aux yeux du monde entier.

Ces mises en scène théâtrales s’inscrivent dans une volonté d’imposer la désobéissance civile comme un mode d’action légitime et systématique. Le discours des révolutionnaires est toujours le même: face à la «nécessité» et à l’«urgence», il n’est plus possible de respecter la loi.

Paradoxalement, ces mêmes révolutionnaires se répandent en geignements déchirants et en péroraisons indignées aussitôt qu’un de leurs adversaires – autorité ou simple particulier – s’écarte ne serait-ce que d’un iota de l’application scrupuleuse de telle ou telle réglementation. Un arbre coupé en trop, un petit coup de matraque sur un manifestant, une initiative extrémiste traitée hors délai ou un requérant d’asile renvoyé de manière insuffisamment protocolaire, et voilà les défenseurs de la violence légitime qui se dressent et s’époumonnent, menaçant de porter l’affaire devant leurs amis les juges, d’aller jusqu’à Strasbourg s’il le faut, pour faire appliquer le droit à la lettre et si possible au-delà de la lettre.

Et pourtant: face aux périls civilisationnels que représentent les activistes autocollés, l’immigration incontrôlée, les dérives «woke», ainsi que les restrictions à la liberté d’expression et de mobilité, n’y a-t-il pas urgence à agir par tous les moyens, même illégaux? Nous aussi voulons avoir accès à la violence légitime!

Les individus qui essaient de nous faire croire que leurs causes sont si importantes qu’elles ne peuvent pas s’inscrire dans le respect des règles de la communauté ne devraient tout simplement plus avoir aucun droit d’invoquer ces mêmes règles, y compris quant à la protection qu’elles pourraient leur garantir. En d’autres termes, il faudrait leur interdire tout accès à la justice et les obliger à endurer cette loi du plus fort qu’ils tentent de nous imposer.

Pollux

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