Des chiffres abominaffreux

Une enquête menée par le Département de l’intérieur de la Generalitat de Catalogne auprès de dix mille femmes de seize ans et plus, représentative du tissu sociologique catalan, révèle que 80% d’entre elles ont subi un quelconque type de violence machiste à un moment ou un autre de leur existence, et 26% durant les douze derniers mois. Ce chiffre donne le tournis! On se demande ce que fait la police si une femme sur quatre se fait agresser chaque année.

C’est probablement là qu’il faut remettre les choses à leur place. Qu’appelle-t-on violence? L’enquête fait la distinction entre violence sexuelle, psychologique et numérique. Et, dans chaque catégorie, quel type d’action trouve-t-on? Par exemple, les commentaires ou gestes sexistes sont considérés comme de la violence. Une phrase du type «Mademoiselle, vous êtes tout à fait ravissante, puis-je vous offrir un verre?» peut-elle être considérée comme une agression? Probablement, si le type est laid et la fille pas intéressée. Mais si le sagouin se trouve être un Apollon plein aux as, il est probable que la victime se sentira comme une princesse. Il n’est d’ailleurs pas anodin de relever que seules 20% des victimes dénoncent les faits incriminés, et que 12,5% de celles qui ne le font pas répondent qu’elles n’ont pas perçu les faits comme étant des délits.

Qu’on me comprenne bien: je ne cherche en aucun cas à minimiser les actes répréhensibles commis par des sans-vergogne et qui peuvent traumatiser à vie les femmes qui en sont victimes. Il est d’ailleurs hautement recommandable pour toutes les jeunes filles de prendre des cours d’auto-défense afin d’être en mesure de répondre de façon vigoureuse en cas de problème. Mais j’ai aussi le sentiment que l’on est en train de franchir un cap dans la chasse aux sorciers qu’organisent les féministes extrémistes contre la gent masculine, et qu’il est très exagéré de parler de violence lorsqu’un jeune homme prend une jeune fille par la taille dans une discothèque sans lui avoir fait signer au préalable une autorisation de contact physique.

Venons-en à la question de la violence psychologique. Vaste programme que celui-là, dans lequel on peut fourrer bon an mal an tout ce qui ne nous enchante pas. Ma femme est de mauvaise humeur et me rabroue sèchement alors que je vais la prendre dans mes bras, mon mari n’a pas remarqué ma nouvelle coiffure, il sous-entend que je devrais prendre un peu soin de mon aspect, ma femme me fait savoir qu’elle n’aime pas que je passe du temps avec mes copains au bistrot, mon petit ami me fait remarquer que je m’habille comme si je cherchais une aventure… Violence psychologique.

Il y a évidemment quantité d’exemples de violences effectives de tous types, et probablement bien suffisamment sans qu’il faille en rajouter d’imaginaires et créer ainsi entre les deux sexes un climat malsain de confrontation. L’immense majorité des hommes sont aimables avec les femmes et ne cherchent que des relations saines, basées sur la confiance et le respect mutuel. Donc, Mesdames, si votre conjoint est un imbécile, défaites-vous-en et fuyez les tristes sires, les grossiers paltoquets et les sinistres crétins. La vie est trop courte pour qu'on s’entoure de gens sans intérêt.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Divers - Egalité, discriminations - Justice - Politiques diverses - Société

Cet article a été vu 219 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions