Bon sens

La nouvelle conseillère fédérale jurassienne Elisabeth Baume-Schneider – encore une qui ne veut pas porter seulement le nom de son mari – aurait, paraît-il, offensé les Appenzellois1. Interrogée, lors de sa première conférence de presse, sur la réponse qu’elle donnerait à un Appenzellois qui lui dirait ne plus se sentir représenté au Conseil fédéral, elle a fait remarquer en substance qu’une partie des Appenzellois ne savaient peut-être même pas qu’il y avait eu une élection, la vie ne se résumant pas au Conseil fédéral.

Un député UDC, d’Appenzell bien sûr, que je ne nommerai pas par pure charité chrétienne, s’est indigné que la dame puisse prendre «quasiment pour des ploucs» les ressortissants de son canton.

La nouvelle conseillère fédérale socialiste s’est pourtant contentée de constater un fait qui s’avère dans toute la Suisse. Elle aurait pu donner la même réponse si on lui avait parlé d’un Genevois. Les ploucs, ou, pour mieux dire, les sots, ce sont le journaliste, qui ne sait même pas que les conseillers fédéraux n’ont pas vocation à représenter les cantons, et le conseiller national, dont la susceptibilité semble embrumer le cerveau.

En répondant avec pertinence à une question idiote, Mme Baume a fait naître en moi l’espoir que, toute socialiste qu’elle est, elle saura peut-être faire preuve de réalisme et de bon sens.

M. P.

 

1 20 minutes du 9 décembre 2022.

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