Dévalorisation

A l’heure où je rédige ces lignes, les Chambres fédérales sont en pleine activité et, comme il faut bien qu’elles justifient leur existence, elles s’occupent de tout et du reste.

Début mars, le Conseil national, sous prétexte de lutter contre la pénurie d’enseignants, a accepté une motion qui permet aux titulaires d’une maturité professionnelle d’accéder aux Hautes écoles pédagogiques (HEP) sans examen ni année préparatoire. Je m’en réjouis pour eux, mais cette décision me laisse perplexe.

Ou bien les exigences imposées jusqu’ici aux détenteurs d’une maturité professionnelle désireux de se diriger vers l’enseignement étaient inutiles, voire abusives, et ceux qui y ont été soumis seraient en droit d’en concevoir de l’amertume.

Ou bien ces exigences étaient justifiées et leur disparition annonce une baisse de la qualité de l’enseignement.

Les esprits chagrins pourront toujours alléguer que ladite qualité ne saurait baisser beaucoup encore.

Il n’en reste pas moins que la mesure constitue, outre une violation du fédéralisme, une dévalorisation des diplômes décernés par les HEP.

Et si, au lieu de poser des emplâtres sur des jambes de bois, on s’inquiétait des causes de la pénurie?

Il n’y a pourtant pas à chercher bien loin.

M. P.

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