Totalitarisme diététique

On apprenait le 21 août que Berne veut nous faire manger plus vert et que, grâce à un «plan en cinquante mesures», «l’Administration fédérale entend entamer une vaste “transformation du système alimentaireˮ»1.

Rappelons au passage que l’Administration fédérale est au service du Conseil fédéral et que, en théorie du moins, elle doit se contenter de présenter des rapports et des propositions. Elle n’a pas à «entendre» quoi que ce soit.

Cela précisé, pourquoi faudrait-il transformer le système alimentaire? Pour le climat, pardi!

La population doit manger moins de viande et de laitages, et davantage de légumes. Il faudrait aussi que «d’ici à 2050, au moins un tiers de la population suisse se nourrisse selon la fameuse pyramide alimentaire» – fruit des travaux des «experts» en diététique déprimante. Bien entendu, les agriculteurs devront, les tout premiers, s’adapter aux diktats de la toute-puissante Administration fédérale et revoir leurs méthodes en matière d’élevage et de cultures.

La présentation que je fais ici des intentions diététiquement correctes de la dominatrice Administration fédérale est certes sommaire. Il n’en reste pas moins que, si les mots ont un sens, la maternelle Administration fédérale prétend imposer à toute la population ses comportements alimentaires.

L’article 261 bis du Code pénal et la susceptibilité des minorités opprimées nous contraignent à l’auto-censure. Il arrive qu’un procureur ou un juge prononce une condamnation sur la base des prétendues arrière-pensées d’un prévenu, par définition non exprimées; ou même à tenir pour acquis ce que, en bonne justice, il aurait fallu démontrer. Allons-nous tolérer en plus que des fonctionnaires fédéraux payés par nos impôts incitent le Gouvernement à transformer nos agriculteurs en esclaves de l’écologisme militant; à nous imposer notre manière de nous alimenter pour faire plaisir aux «associations environnementales», qui, d’ailleurs, «estiment que le plan de la Confédération ne va pas assez loin»?

Au moment où j’écris ces lignes, le plan de l’envahissante Administration fédérale, révélé, paraît-il, par la NZZ am Sonntag, n’a pas été officiellement publié. Mais je crains le pire: personne n’a oublié que, pendant la crise du Covid, c’est principalement l’Office fédéral de la santé publique qui était aux commandes, même si M. Berset et ses collègues se chargeaient d’affronter la presse et le public.

Je souhaite bien du plaisir aux conseillers fédéraux qui devront prochainement convaincre la population helvétique qu’il est urgent d’opérer une «vaste transformation du système alimentaire».

En attendant, je vais continuer à manger, n’en déplaise au climat et à l’Administration fédérale, de la viande et de délicieuses sauces à la crème.

M. P.

 

120 minutes du 21 août.

Thèmes associés: Environnement - Politique fédérale - Société

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