Cocorico

«Aujourd'hui la France est pionnière, aujourd'hui vous direz au monde que, oui, la France est fidèle à son héritage, à son identité de nation à nulle autre pareille, pays phare de l'humanité, patrie des droits de l'homme et aussi, et surtout, des droits de la femme», se serait écrié le premier ministre Gabriel Attal après l’adoption, à une écrasante majorité, de l’inscription dans la Constitution française du droit à l’avortement par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès à Versailles le mardi 4 mars1.

Ceux qui, à la suite du bref passage de Gabriel Attal au Ministère de l’éducation nationale, avaient conçu quelque espoir concernant le bon sens du nouveau premier ministre peuvent déchanter: ce personnage, à l’image du président de la République Emmanuel Macron et de l’immense majorité des politiciens français, ne sait que prononcer de pompeux discours.

La France tue les enfants à naître (234'300 avortements en 20222). En plus, elle le fait en se prenant pour autre chose que ce qu’elle est.

La France est pionnière, c’est vrai, pionnière dans la course au désastre et à la mort.

La France est fidèle à son héritage, c’est vrai, à l’héritage de Robespierre et de ses amis guillotineurs.

La France est une nation à nulle autre pareille, c’est vrai, en ce qu’elle persécute les Français qui veulent préserver la nation.

La France est un pays phare de l’humanité, c’est vrai, un phare éteint, dont l’humanité ne se préoccupe plus.

La France est la patrie des droits de l’homme et du citoyen, c’est vrai, mais quand on lit le texte de la Déclaration de 17893, on s’aperçoit que celle-ci n’est plus guère qu’un catalogue de bonnes intentions tombées, pour beaucoup, en désuétude.

La France est la patrie des droits de la femme, c’est peut-être vrai, mais d’une femme créée de toutes pièces par des idéologues féministes, qui exigent qu’on puisse assassiner sa progéniture lorsqu’on n’a pas pris les précautions adéquates pour éviter une grossesse intempestive, et qu’on n’a pas appris que, dans la vie, les difficultés doivent être affrontées et non évacuées.

Les sept cent soixante députés enthousiastes qui ont voté cette infamie et les journalistes qui se réjouissent bruyamment de cette «journée historique pour les droits des femmes» seront vieux dans quelques années. Or le président Macron concocte en ce moment même une loi pour une «aide à mourir» sous «conditions strictes»4.

Il a fallu un peu moins de cinquante ans pour que la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse (1975), encore relativement restrictive, aboutisse à un permis de tuer inscrit dans la Constitution. Il ne faudra probablement pas attendre davantage pour que l’«aide à mourir» du président Macron entre dans la Constitution française sous forme d’un droit d’aider à mourir, voté massivement par des députés aujourd’hui encore au berceau ou à l’école primaire, trépignant de joie à Versailles à l’occasion d’une nouvelle «journée historique» pour la France pionnière… et moribonde.

M. Gabriel Attal ne sera plus alors un jeune coq impudent, mais un vieux coq menacé.

M. P.

 

1 https://www.tdg.ch/livg-dans-la-constitution-francaise-une-premiere-mondiale-421698149886.

2 https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/le-nombre-des-interruptions-volontaires-de.

3 https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.

4 https://www.lematin.ch/story/france-un-projet-de-loi-pour-une-aide-a-mourir-tres-encadree-103061060

Thèmes associés: Ethique - Politique française - Société

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