Editorial
Le 27 septembre, les citoyens vaudois se prononceront sur l’initiative populaire «Baisse d’impôts pour tous – Redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne». Cette initiative, qui émane des milieux économiques, demande une diminution de l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune de 12% et avait obtenu plus de 28'000 signatures au moment de son dépôt à la Chancellerie cantonale en avril 2023 – alors que 12'000 eussent suffi.
Les amis du peuple ne tolérant que très rarement une modification du taux d’imposition autre que dans le sens d’une augmentation, un «Comité unitaire non au 12%» comprenant la fine fleur de la gauche politique et syndicale s’est constitué pour convaincre les Vaudois du caractère nocif de l’initiative et laisser entendre que les initiants ne sont que de vils arnaqueurs à la botte des «plus riches».
Comment lutter contre des arnaqueurs qui n’en sont pas? C’est tout simple: il suffit de mentir, notamment en distribuant dans les boîtes aux lettres un prospectus plein de bobards cautionnés par une personnalité connue et respectée – en l’occurrence M. Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse et conseiller aux Etats –, assistée par quelques idiots utiles dûment endoctrinés.
L’«argumentation» commence en première page déjà avec cette question saugrenue: «Des cadeaux pour les plus riches, financés sur notre dos?»
On se demande bien pourquoi le fait que l’Etat de Vaud restitue aux contribuables du canton, sous forme d’une baisse d’impôts proportionnelle, l’argent qu’il a prélevé indûment sur leur revenu et leur fortune indigne tous ces partisans de l’aide «aux plus démunis», qui confondent fiscalité, service public et affaires sociales! Est-ce à dire que si, pour une raison quelconque, j’empruntais 10'000 francs à M. Maillard, qui, à en juger par sa bonne mine, vit dans une certaine aisance, et 500 francs à mon concierge nettement moins favorisé économiquement, notre syndicaliste trouverait normal que je lui rende 500 francs pour que mon concierge bénéficie de ses 10'000 francs? Et comment notre conseiller aux Etats socialiste justifie-t-il son soutien à la treizième rente AVS, ce «cadeau pour les plus riches», qui se base sur le montant mensuel des rentes au lieu d’être inversement proportionnel à celui-ci? N’est-il pas vrai qu’une personne qui touche le minimum AVS de 1260 francs par mois est souvent quelqu’un dont le revenu moyen déterminant est inférieur à celui d’un assuré qui perçoit 2520 francs? Où est la cohérence dans tout cela?
Dans les autres pages du prospectus, on trouve les classiques mensonges par omission. Les opposants «oublient» de préciser que les gens vraiment riches ne seront pas concernés par l’initiative 12%; que la prétendue baisse de 5% seulement de l’impôt sur le revenu s’explique par le fait qu’une diminution cumulée, qui atteindra 7% au 1er janvier 2027, a été votée par le Grand Conseil en décembre 2024 – dans le vain espoir d’obtenir le retrait de l’initiative –, et que, en bonne arithmétique, 7+5=12; que les recettes fiscales du Canton sont en augmentation constante et ses liquidités de l’ordre de plus de trois milliards; que la gestion des finances vaudoises peut et doit être améliorée, afin que les dépenses n’excèdent plus les recettes, sans que la police, l’école et les hôpitaux en soient affectés.
Faire peur aux citoyens en péchant par occultation est une tactique malhonnête, mais d’autant plus constante qu’elle est efficace. Je crains fort, d’ailleurs, qu’elle ne paie une fois de plus le 27 septembre.
Une dernière chose: si l’initiative est acceptée et que, par conséquent, la loi sur la réduction de l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune entre en vigueur le 1er janvier prochain, il ne sera pas possible de revenir en arrière, du moins à bref délai. Si l’initiative est refusée, il sera loisible au Grand Conseil de renoncer à la diminution de 7%, qui dépend de son bon vouloir. La classe moyenne sera alors dupée une fois de plus, grâce à M. Pierre-Yves Maillard et à ses amis, bienfaiteurs des petites gens.
Oui à l’initiative «Baisse d’impôts pour tous – Redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne»!
Mariette Paschoud
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