Editorial
«Joyeux et pluvieux, le Carnaval antifasciste se rit des menaces», titrait le 28 mars dernier le quotidien en ligne 20 minutes. On y apprend que plus de 6000 personnes ont défilé ce samedi-là dans les rues de Lausanne, lors du Carnaval «populaire et déter» organisé par le centre socioculturel de l’Union Syndicale Vaudoise, Pôle Sud. L’article nous conte sans surprise une ambiance festive, des symboles antipolice et des keffiehs palestiniens. Le tout, encadré, mais pas trop, par une police dans ses petits souliers, qui a estimé que le Carnaval s’était déroulé dans le calme, bien que le parcours prévu n’ait pas été respecté et que on ait à déplorer des dégradations, graffitis et jets de peinture sur des véhicules et des bâtiments. La Municipalité de Lausanne est à gauche. Je vous épargne les témoignages des participants et spectateurs sélectionnés par l’auteur de l’article, tous dégoulinant de solidarité et de bons sentiments, émanant de gens bien, gentils, de gauche. Et, malgré quelques menaces sur les réseaux sociaux, pas un skinhead, pas un seul néonazi, n’a pris la peine de se déplacer. Comme montée du fascisme, on a vu mieux.
Un rapide saut sur la page internet de l’événement1 nous permet de pêcher quelques perles savoureuses: tout y est évidemment rédigé en langage inclusif du plus haut niveau et, donc, de façon à peu près incompréhensible. On y trouve le Bloc Enfants, pour défiler avec le groupe «Parentalités queers, féministes et complices» (de quoi?). Les parents sont encouragés à venir avec leurs enfants, qui seront situés dans un bloc au milieu du cortège, sans doute afin qu’ils ne soient pas éclaboussés par les jets de peinture fun et déter, ou dérangés par les éventuels gaz lacrymogènes au cas où le Carnaval deviendrait un peu trop festif. Le pompon revient à l’atelier de création de costumes avec la présence, presque chaque jour, d’une experte pour ceux qui voudraient se lancer dans la fabrication d’une cagoule au crochet; ça ne s’invente pas. Casseurs oui, mais pas avec du matériel militaire ou acheté à un capitaliste.
Dans quel univers évolue cette bande de traîne-patins? Le monde s’écroule: guerre, inflation, crise économique, corruption, démocraties parlementaires en pleine déliquescence, surendettement des Etats, changement climatique, fiscalité infernale, chômage, violence, immigration hors de contrôle, délinquance en hausse; et le seul problème que voient ces ânes bâtés, c’est la montée fantasmée du fascisme et de l’extrême droite.
Traiter ses adversaires de fascistes est devenu la grande mode dans les milieux de gauche, à tel point que l’insulte en perd tout son impact. Aujourd’hui, si vous êtes un peu conservateur, pas un enthousiaste de l’islam, vaguement libéral ou un chouïa climatosceptique, vous voilà rangé dans la catégorie des chemises noires de Mussolini. Eh bien, messieurs dames, ça n’est pas sérieux et ça se voit. Et surtout ça n’a pas de sens, le fascisme étant une doctrine politique qui nie l’individu et met l’Etat aux commandes, exactement ce que prône l’extrême gauche.
Si penser, et dire, que le capitalisme et l’économie libérale sont plus efficaces pour la création de valeur el le bien- être général, c’est être fasciste, je le suis.
Si penser, et dire, que l’immigration incontrôlée de grandes quantités de miséreux du tiers monde en Occident n’apporte aucun bénéfice, c’est être fasciste, je le suis.
Si penser, et dire, qu’une fiscalité confiscatoire dont le but est la redistribution de la richesse est une stupidité économique, c’est être fasciste, je le suis.
Si penser, et dire, que le socialisme et le communisme ont ruiné systématiquement tous les pays qu’ils ont gouvernés à long terme, c’est être fasciste, je le suis.
Mais ça n’est pas être fasciste, c’est juste avoir des yeux pour voir.
Michel Paschoud
1 https://polesud.ch/evenement/carnaval-populaire-et-deter-2/.
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